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La digue

Uchida HYAKKEN / Collection Escapades

Qui d’entre nous n’a jamais éprouvé en rêve la sensation d’un sol qui se dérobe, le sentiment étrange de déjà-vu, le dédoublement de personnages ?

C’est dans ce monde onirique, où le vent n’en finit pas de souffler, la terre de trembler et la nuit de tomber, qu’Uchida Hyakken nous transporte. Un monde peuplé de femmes impérieuses qui exercent sur des hommes égarés leur pouvoir implacable.

À travers une ironie parfois cruelle et une écriture savamment épurée, Uchida Hyakken crée dans ces textes l’univers envoûtant qui fait de lui le maître incontesté de la nouvelle au Japon.


(8 nouvelles dans une traduction de Patrick Honnoré) Kurosawa lui a consacré un film, Madadayo. Rien que ça. Uchida Hyakken, personnage fantasque, est l’auteur d’une des œuvres les plus importantes au Japon. Maître incontesté de la nouvelle, estimé de Mishima et de Kawabata fort célèbres en Occident, et sans lequel on ne pourrait lire aujourd’hui Murakami, Uchida Hyakken est absolument inconnu des lecteurs français. Digue est un recueil de quelques unes de ses nouvelles, triées sur le volet. Des nouvelles comme des rêves éveillés, surprenantes, oniriques, où la terre tremble, où la mer menace, où les femmes, mystérieuses, se dérobent toujours, où une ironie permanente tient l’horreur à distance. Magnifiques histoires japonaises. Amateurs ne pas s’abstenir.
Isbn : 978-2-36224-016-4
Prix : €12.00
Auteur : Uchida HYAKKEN
Genre : nouvelles japonaises (recueil)
12x21 cm / 112 pages
/ parution : 6 octobre 2011

La Digue, Babelio, décembre 2011

Attention, parce que danger au détour de chaque paragraphe. En quelques pages, chaque nouvelle nous transporte dans l'étrangeté d'un monde brumeux et kafkaïen où les remords souvent évoqués font la part belle au fantastique. On se retrouve parfois comme un enfant perdu dans un cauchemar cohérent. Chaque texte est comme un conte de terreur sans effets spéciaux, proche des histoires de Tanizaki et d'Abê Kôbô en mélangeant les deux, avec le réalisme de l'un et la folie de l'autre. Sans nulle doute qu'il les a inspirés tous les deux. La nouvelle "les lézards", dans ce cirque avec l'ours et le taureau, est un grand moment à la fois de poésie et de cruauté. Dans chacune des dix histoires, le crime est latent, et, comme chaque texte est narré à la première personne, l'empathie lecteur-acteur est d'autant plus forte, à tel point qu'au terme de chaque récit, on a peur de se regarder dans un miroir.
Uchida Hyakken, écrivain réputé et estimé dans la première partie du XXième siècle, n'a désiré publier son oeuvre qu'à compte d'auteur. Il a été un professeur adulé par plusieurs générations d'élèves, à tel point qu'il est devenu le personnage principal du dernier film de Kurosawa. Avec "la Digue", c'est la première fois qu'il peut être lu en français.
Yan Thirion
www.babelio.com

La Digue, Ecla, octobre 2011

Collection Escapades, dirigée par Sèrgi Javaloyès
Huit nouvelles traduites par Patrick Honnoré
Préface de Patrick Honnoré

Chaque scène est posée, simple, quotidienne. Soudain, la nuit tombe, le vent se lève, les feuillages bruissent et un être inconnu, évanescent, apparaît. Une poursuite s’engage. Un accessoire rouge s’impose, des lieux déserts, des renards, des chiens, des bruits de tambour… Le narrateur semble affolé, mais rien ne conduit le lecteur à la panique. Au contraire, tout baigne dans le surnaturel. Des êtres désincarnés, flottants, surgissent puis repartent, une fois leurs actes accomplis, comme un rêve dont on s’éveille brusquement.
Issues des deux premiers recueils de Uchida Hyakken, (1922 et 1934), les huit nouvelles traduites ici devraient s’inscrire dans la littérature moderne japonaise qui combinait alors, sur un ton confessionnel, les influences des anciens écrits zen et les réalités du pays qui venait de s’ouvrir au monde.
Pourtant, on pense surtout aux obakebanashi , les contes de fantômes, une forme littéraire à part entière très visitée par les auteurs de manga et par Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke ).
Avec un charme subtil, Hyakken marie déjà toutes ces littératures ; Sôseki, son aîné et auteur préféré, n’y est certainement pas étranger. Tout est là : la forme brève du haïku, le détachement, l’isolement, le héros qui échoue malgré ses efforts, l’adaptation – comme le fera Mishima en 1956 – de l’art du théâtre dans sa version mugen nô , celle qui fait appel à des créatures imaginaires, fantômes ou démons (les yokaï ) et, bien sûr, l’extrême stylisation.
Paul Claudel, ambassadeur au Japon en 1922 justement, disait que « Le c’est quelqu’un qui arrive ». Avec une œuvre singulièrement en avance et des décennies de retard, Hyakken vient enfin d’arriver jusqu’à nous et, comme on entre sur scène.
Nathalie André

ecla.aquitaine.fr/