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COFFRET - Travelling

Collectif / Collection In Situ

[Bio / Biblio]
Le collectif est un ensemble d'auteurs et d'oeuvres présent dans un coffret.
Si Robert Bresson prétend que « le cinéma est une écriture », peut-on dire en retour que « l’écriture est un cinéma » ?
Quatre écrivains répondent, chacun à leur façon. Quatre univers, quatre styles, quatre nouvelles autour d’un mot emprunté à la langue du cinéma : travelling… Moteur !

Anne-Marie Garat avec « La diagonale du square », Olivier Deck avec « La voie ferrée », Claude Chambard avec l'« Allée des artistes », Frédéric Villar avec « Habana, tangente ».

« l’écriture est un cinéma » ? Quatre écrivains le prouvent, en transposant à l’écriture le principe du travelling. Le regard s’attache au déplacement du personnage, s’enrôle dans son sillage, s’engage à sa suite. Le lecteur à son tour emboîte le pas. Quatre nouvelles, quatre trajectoires personnelles, denses et furtives, comme autant de courts métrages. Moteur !… Le coffret Travelling déploie les quatre opuscules dans un geste de retable, panoramique.
Isbn : 978-2-916159-85-0
Prix : €19.00
Auteur : Collectif
Genre : Nouvelles (coffret 4 livres)
15x21 cm / 136 pages
/ parution : Septembre 2009

Coffret Travelling, Télérama, septembre 2009

J’ai lu un truc merveilleux…

Je suis allée vers ce texte avec quelque chose comme prémonition – pressentiment – intuition ?
J’y suis allée comme ça, comme toujours. A chaque fois, c’est une petite aventure, une petite découverte. Soyons sérieux : je n’y joue pas ma vie, hein ! C’est juste un titillement, un petit désir, tout ténu, qui pointe son nez. Pourquoi celui-là plus qu’un autre ? Je ne sais pas. Le hasard ? Le hasard n’existe pas. Je dirai plutôt la rencontre.
J’ai donc lu un truc merveilleux.
Fin du suspense, je vous dis : Ce petit livre s’intitule La voie ferrée. Il est signé : Olivier Deck. Il est publié par Les éditions de l’atelier In8. Si vous avez envie de découvrir des écritures, par ici la sortie : www.atelier-in8.com C’est l’histoire d’un homme qui, bientôt, n’aura plus d’histoire. Plus d’existence. On (la modernité, une administration quelconque…) lui dit : allez, hop, pour toi c’est fini, tu ne peux plus vivre là-haut tout seul sur ton plateau. Y a plus de boulot pour toi. Gaspar toute sa vie a entretenu avec son cheval la voie ferrée qui relie le plateau au bourg. Plus de mines, plus d’extractions, les wagons sont vides, inutiles. Et puis une étrange maladie frappe la région. Faut se débarrasser des animaux. C'est pas la grippe trucmuche dont on nous assomme, mais ça lui ressemble. Gaspar, le docile, le tranquille, n’a pas d’autre choix. Il doit se séparer de son cheval, son camarade de boulot, pendant de si longues années.
Je ne vous dis rien d’autre. C’est une histoire qu’il faut lire et relire, pour bien s’imprégner de l’écriture, gracile, pour bien  se révolter contre les décisions arbitraires, le lavage de cerveau, la déhumanition du monde. Au fait, cette histoire fait à peine trente pages. Trente pages, et ça suffit pour vous remuer les tripes, et bizarrement, vous donner des coups de tendresse. Je dis des coups de tendresse parce que l’on n’a plus l’habitude d’en recevoir, de ces coups-là. Alors, forcément, c’est violent, tout cette tendresse qui déborde.

Si vous n’aimez pas les histoires courtes, que l’on appelle nouvelles, je ne peux rien pour vous. Sinon vous dire que vous ratez quelque chose.

En prime, un poème de Verlaine. D’un texte à l’autre, toujours. Ceux qui liront La voie ferrée, comprendront. Les autres, il leur manquera quelque chose…

Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.

A vingt ans un trouble nouveau
Sous le nom d'amoureuses flammes
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Oh! vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard !

Merci Olivier Deck. Merci Verlaine.

Que les bandits & cie aillent au diable !

Martine Laval
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et après l'entracte, voilà le deuxième épisode (publié le 29 septembre):

Mais j’ai en encore à lire, des trucs merveilleux. Et vous aussi par la même occasion !
Hier, je ne vous ai pas tout dit. La Voie ferrée, d’Olivier Deck – le truc merveilleux –, fait partie d’un joli petit coffret de quatre courts textes. Des trucs merveilleux à découvrir…
Il y a :
Habana, tangente, de Frédéric Villar
La Diagonale du square, d’Anne-Marie Garat
Allée des artistes, de Claude Chambard.

Les éditions de l’Atelier In8 appellent cela des « courts métrages littéraires ». Ce n’est pas du marketing, un mot chouette pour faire choc, une phrase clic pour faire la claque.
C’est du vrai. Des « travellings » sur notre monde alentour. Sur ce, adios l’ordinateur, vive le papier ! Je m’en vais chercher les merveilles.
Infos : www.atelier-in8.com A tous (sauf les bandits & cie) : vaillance !

Martine Laval