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Boulette

Max OBIONE / Collection porte à côté

[Bio / Biblio]
Max Obione vit encore. Débarqué en Normandie en 1944, Max Obione apprend à lire dans les illustrés de son enfance. ...

Et la grosse, qu’est-ce que t’as à me regarder ? Bouge ton gros cul…

Tais-toi, père ! Je suis Boulette,  un homme est venu sur la plage,  un bougnoul comme tu dis.

Il m’a prise dans ses bras. La mer est devant nous, il m’emmènera.

Là-bas.

- You… arab ?

- No, Kurd !

- Vous êtes Kurde ?

- Yes, Kurd of the Irak.

Crève,  vieux pourri et adieu !

La mer nous emporte, tu vois ?

Isbn : 978-2-916159-98-0
Prix : €4.00
Auteur : Max OBIONE
Genre : nouvelle
11x17 cm / 32 pages
/ parution : 3 février 2011

Boulette, Polarmania, août 2011

Une petite vingtaine de pages et le tour est joué : un décor, des personnages vivants et surtout une histoire complète, prenante, qui tient la route. Max Obione excelle dans la nouvelle, ce n’est pas une surprise ; avec Boulette il exprime une fois encore tout son art. C’est noir, très noir, et d’une sensibilité remarquable. On attend l’adaptation court-métrage…

Boulette, Blog de la vareuse, juillet 2011

Boulette, c’est Irène, une jeune fille au corps ingrat, trop gras et au cœur pur, malmenée par un père brutal et raciste. Ils vivent près de Calais, dans cette jungle où les sans papiers à bout de ressources, échouent en attendant de pouvoir traverser la Manche.
Le jour où elle découvre la cache de Yussef, sa vie s’illumine. Dès lors, Boulette ne va reculer devant rien pour aider ce kurde d’Iraq et changer le cours de son propre destin.Pas un mot de trop dans cette nouvelle très noire où, sans tomber dans le misérabilisme, l’écrivain de polars Max Obione épingle la condition humaine avec le déterminisme d’un Thomas Hardy.

Boulette, Agence Régionale du livre Haute-Normandie, juin 2011

Séverine Garnier, de l'Agence régionale du livre et de la lecture de Haute-Normandie, a écrit un très bel article sur Boulette, paru dans la collection La Porte à Côté.
Voici quelques morceaux choisis :

"une nouvelle décapante qui fait son entrée au nuancier des aquitaines éditions de l'Atelier In8. Boulette, c'est le petit nom d'Irène. Boulette est grosse. Boulette veut aimer. Peu importe si celui qu'elle aime est un Kurde d'Irak, Boulette est prête à traverser la manche pour aimer." (...) "Avec la collection La Porte à Côté, les éditions de l'Atelier In8 cultivent un verger dans lequel chaque texte est une nouvelle variété à croquer."

Lire l'Article en entier

Boulette, k-libre, mars 2011

Max Obione a fait une boulette

Une grosse boulette. Mais c'est tout Max, ça : quand il ne jette pas des pavés dans les mares, il fait de grosses boulettes... Enfin... La boulette en question c'est Boulette, la grosse d'à côté, toute jupe rabattue. Elle pense que Bastien la mate. Bastien, c'est le débile de service. En fait, c'est pas lui qui la mate au petit coin : c'est un homme en cavale. Balai d'hélicos, Sangatte fermé, les exogènes détalent où ils peuvent... Un réfugié sans refuge en somme, errant par la force de nos habitudes. Boulette s'en émeut. Son père, un bonhomme à fauteuil roulettes, médocs et Stella pour contourner ses journées, ne voit pas la chose d'un aussi bon œil. Boulette voudrait qu'il clamse, mais malgré le cocktail médoc-alcool, le vieux regimbe... Du coup, avec le réfugié dans la maison, ça devient gênant. Alors Boulette décide de couper les vivres à son vieux : elle ferme le robinet de sa bonbonne d'oxygène. La dondon, le boudin, le thon, voici qu'elle peut filer ses plus invraisemblables rêves, en empoignades torrides avec son amant kurde. Peggy enfin cochonne, délivrée de toutes les humiliations de la vie, offrant à Max Obione l'occasion d'écrire les pages les plus olympiennes sur les corps potelés à peau blanche et marbrée. Mais l'hélico tourne là-haut, en chasse, obligeant notre kurde à décamper jusqu'à Calais. Boulette projette de l'accompagner à Londres. Justement, un tonton pas regardant qui donne dans le trafic de réfugiés se propose de l'aider. Enfin... Il lui extorque son fric plutôt. C'est qu'on n'est pas dans un conte de fée là, et Max de nous précipiter dans l'horreur des histoires d'aujourd'hui.

Joël Jégouzo


Boulette, black novel, février 2011

Environs de Sangatte. Boulette, une jeune fille grosse, malaimée et décriée par tous les gens du village va rencontrer un Kurde, qui veut partir en Angleterre. Malheureusement, elle croit qu'elle est amoureuse.
N'étant pas adepte ni lecteur de nouvelles, je ne vais pas juger cette courte histoire par rapport à d'autres novellistes. Le format de l'histoire (24 pages) est parfaitement maitrisé, surtout grâce à son style très direct. Pas le temps de faire de la psychologie de supermarché, il faut aller droit au but. Max Obione met tout son cynisme et sa cruauté au service de cette fable dramatique.
Alors j'ai avalé Boulette et sans en faire trop (de boulette), je dois dire que cette histoire m'a pris aux tripes, et l'air de rien, le final est surprenant. Et je me suis dit : Pour les gens qui ont une demi heure de trajet à faire, à 4 euros, c'est une sacré bonne affaire. Alors il faudrait vendre ces nouvelles (il y en a une soixantaine dans cette collection) sur les quais des gares. Alors, avis aux distributeurs !

Pierre Faverolle

Boulette, bibliotheca, février 2011

Pas-de-Calais en France. De nombreux immigrés étrangers y affluent dans l’attente de trouver un moyen pour traverser la Manche. Le centre d’accueil de Sangatte a été fermé en 2002, la Jungle a suivi rapidement. Depuis ces voyageurs errent en toute clandestinité et sont poursuivis par les forces de l’ordre. L’un d’entre eux, l’iraquien Yussef, alors qu’il se cache dans le jardin d’une maison rencontre Boulette, une jeune femme un peu grosse et naïve et qui vit dans l’ombre de son père alcoolique. Mais Boulette en a marre de sa vie, et ne veut rien d’autre que de se donner à Yussef et de fuir avec lui vers les côtes anglaises. Mais la fuite vers la terre et la vie promise n’est pas sans risque, et le jeune couple le découvrira à ses dépens...
La nouvelle Boulette de l’auteur français de polars Max Obione est publiée en 2011 aux éditions de l’Atelier IN8, et plus particulièrement dans la collection La Porte à Côté, une collection qui veut nous faire découvrir justement des nouvelles, de celles à savourez comme des gourmandises, par ci et par là, à la découverte de nombreux auteurs. 60 auteurs et 60 nouvelles, vendues à un prix modique, et dont celle-ci, Boulette, est le N°58.
Et Max Obione nous conte ici une tragique histoire d’amour, ou plutôt une triste histoire d’évasion, de deux personnages vivant des misères bien différentes, le tout sen utilisant un contexte d’actualité qu’est celui de l’immigration clandestine. Et à travers cette histoire l’auteur nous offre surtout un personnage haut en couleur qu’est celui de Boulette, ce type d’individus que seul Max Obione sait créer avec tant de talents et que l’on retrouve dans bon nombre de ses romans.. L’histoire tient sur une trentaine de pages, bien peu en réalité, mais le tout est tellement dense et saisissant qu’à la fin on a l’impression d’avoir lu un roman en entier. S’y ajoute encore un style très vivant qui emporte réellement du début à la fin.
Boulette de Max Obione est une belle nouvelle à découvrir, issue d’une collection tout aussi intéressante.

Boulette, moisson-noire.over-blog.com, février 2011

Des nouvelles à l'unité. Sur tout ou rien, sur le quotidien et l'extraordinaire. Autrement dit La porte à côté, l'une des collections des éditions de l'Atelier In8, que je vous invite vivement à découvrir si ce n'est pas déjà fait.
Le quotidien, justement, il a pas l'air rose pour "Boulette", dans cette baraque des environs de Calais, entre un BEP cuisine et le père qu'arrête pas de l'appeler la grosse, qui traîne derrière lui sa bonbonne d'oxygène comme sa haine des étrangers. D'ailleurs, sur le buffet de la cuisine, le portrait de Le Pen a remplacé celui de Lénine.
Le Pen justement, ça me rappelle une de ses saillies nauséabondes, en substance : "Il est normal de préférer son frère à son cousin, son cousin à son voisin et son voisin à un étranger." Sûrement que Boulette l'enverrait se faire pendre en entendant ça.
Un étranger, justement, elle en trouve un dans l'abri de jardin - You... arab ? No, Kurd ! Kurd ? Yes, Kurd of Iraq -, et décide immédiatement de le cacher, de le nourrir, de l'aimer. Et même de s'enfuir avec lui de l'autre côté de la Manche.

Elle est touchante, Boulette, dans ses élans, dans sa naïveté, et pour un peu on lui souhaiterait bonne chance, mais on sent bien que ça va mal tourner cette histoire, au final...
La nouvelle, c'est un art de l'esquisse, et Max Obione l'a bien compris, qui en peu de mots, quelques détails, quelques images, crée tout un univers, dont on devine les contours, dont on saisit l'essentiel.
Boulette
, c'est une mignonnette à lire cul-sec, une vingtaine de pages douces-amères. Le temps d'un court trajet, par exemple. Attention quand même à ne pas rater l'arrêt.

Yann Le Tumelin

Boulette, rayonpolar.com, février 2011

Dans la région de Calais, Boulette est une adolescente qui vit chez son père, un homme irascible souffrant des conséquences de l’amiante. C’est une grosse fille à la peau rose, les cheveux blonds filasses, le nez retroussé, les yeux bleus, le corps obèse, boudinée dans ses vêtements. Elle suit des cours de BEP-Cuisine. Ses frères ne fréquentent plus la maison, où le père de Boulette la traite sans arrêt de grosse.
Ce soir-là, alors que la traque des clandestins se poursuit dans le secteur, un Kurde d’Irak se cache dans leur jardinet. À l’insu de son père, l’adolescente entreprend de protéger ce beau mec nommé Yussef. Tous deux baragouinent quelques mots d’anglais pour communiquer. Elle lui donne à manger, il en a besoin. Rapidement, un projet trotte dans la tête de Boulette. Elle imagine une nouvelle vie avec Yussef, s’ils réussissent à passer en face, de l’autre côté de la Manche. Peu lui importe que le Kurde soit vraiment amoureux d’elle. Et ce ne sont pas les écueils familiaux qui vont la freiner. D’autant que son oncle Robert peut apporter une solution. Pas gratuite, bien sûr, mais cette débrouillarde sait où se procurer assez d’argent…
Très réussi, ce “conte cruel” qui s’inspire d’une réalité toujours actuelle, celle de ces clandestins de passage en France, sans régularisation possible. Sans oublier un contexte criminel, bien entendu.
La collection “La porte à côté” des Éditions Atelier In-8 publie des nouvelles à l’unité, format fascicule. Au catalogue de cet éditeur, on trouve dans diverses collections des romans de Franz Bartelt, Gilles Del Pappas, Hervé Le Corre, Lalie Walker, Mouloud Akkouche. Ainsi que des nouvelles de Emmanuelle Urien, Marc Villard, Jan Thirion, Jean-Bernard Pouy, Hubert Monteilhet, Francis Mizio…
Claude Le Nocher

La Porte à côté n°58, Blog Paul Maugendre, février 2011

Ce n’est pas parce qu’il ingurgite à forte dose pilules, comprimés et autres gélules, le tout avalé à l’aide d’innombrables bouteilles de bière, qu’il a perdu son esprit vindicatif et raciste. Au contraire. Essoufflé, les tuyaux de sa bonbonne d’oxygène greffés sur la lèvre supérieure en guise de moustaches, il arrive quand même à agoniser sa fille d’injures. Et il se joint au concert de récriminations de ses voisins lorsque ceux-ci vitupèrent contre les étrangers sans papiers et la lâcheté du gouvernement qui n’arrive pas à canaliser tous ces migrants en transit. Sa fille, qu’il appelle la grosse, avec maman c’était moins pire, juste Boulette. C’était avant qu’elle décède et que les frangins ne viennent plus à la maison, parce que le père a remplacé la photo de Lénine par celle de Le Pen.
Ce soir là pourtant, le père est allé trop loin. Boulette, alors qu’elle allait procéder à une miction dans le jardin, entend du bruit. Elle est inquiète, pensant à un chenapan venu l’épier, l’espionner. Il n’en est rien. Juste un étranger, un Kurde, qui s’exprime comme il peut en anglais. Il a faim et Boulette tombe sous le charme de ce jeune homme qu’elle trouve beau. Un hélicoptère survole le quartier et les voisins sont agglutinés devant la porte d’entrée du père. Ils sont en train de fulminer contre ces étrangers qui n’hésitent pas à s’introduire chez eux, violer leurs femmes et leurs filles et je ne sais quoi d’autre.
Boulette est exaspérée et dans ces conditions là, on ne se contrôle plus. On fait des actes irréparables mais oh combien apaisants. Et avant d’inviter son nouvel ami chez elle, elle procède à un serrement de vis. M’enfin, les enfants aussi ont le droit de serrer la vis à leurs pères, surtout lorsqu’ils se montrent ignobles !

Max Obione s’inspire, non pas vraiment d’un fait-divers mais extrapole avec la noirceur qui caractérise ses romans sur le problème des réfugiés qui s’agglutinent autour d’un Sangatte aujourd’hui interdit. En quelques pages il nous raconte comment une vie peut basculer à cause de plusieurs éléments : le racisme de certains adultes face à des événements qui les dépassent, la pitié, l’émoi d’une jeune fille en butte à la cruauté parentale et qui découvre l’amour envers un jeune étranger, amour exacerbé par les virulences d’un père alcoolique, et d’autres facettes pas trop propres de ce racisme latent qui imprègne toutes les couches de la population, l’appât du gain aussi. En un peu plus de vingt pages Max Obione décrit en phrases courtes, en rafales staccato de mitraillette, cette histoire somme toute misérable, sauf en certains paragraphes dans lesquels les phrases s’allongent comme les langueurs océanes et les joutes amoureuses débutantes. Max Obione joue dans la sobriété, tout est dit avec force et il n’y a pas de passages superflus.