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Balada Flamenca

Jean-Louis DUZERT / Hors-collection

[Bio / Biblio]
Jean-Louis Duzert est né à Villenave d’Ornon en 1950. Après avoir fait des études de photographie à Orthez et ses classes ...
Du chant, de la danse, de la guitare et des compas : le Flamenco est un monde. Il a ses épicentres, les belles Andalouses, bien sûr, le pueblo, mais aussi Mont-de-Marsan et Nîmes, les peñas gauloises ou ibériques. Cette planète obéit à ses propres rituels, les réunions autour du feu, au retour des champs, les chants des baptêmes et des veillées funèbres, les festivals, les cours et les académies. Un peuple, aussi, à part, des artistes mêlés aux aficionados, quelques figuras capables de transmettre le feu sacré. L’univers flamenco, Jean-Louis Duzert le sillonne depuis plus de 20 ans, les yeux grand ouverts. Il s’est engagé sur ces terres lors du festival Arte Flamenco, en 1989, et ne les a jamais quittées. Accompagné de Ludovic Pautier à l’écriture, le photographe nous offre une balade, non pas exhaustive, mais dont l’apparente désinvolture offre de rares et surprenants émerveillements. Ignorez les sentiers battus : partez pour une Balada Flamenca.

Isbn : 978-2-36224-010-2
Prix : €30.00
Auteur : Jean-Louis DUZERT
Genre : Photographie
24x22 cm / 216 pages
/ parution : 20/10/2011

Balada Flamenca, Alborea, janvier 2012

El fotógrafo  Jean-Louis Duzert dejo patente en este libro su amor por el flamenco y su innegable talento para capturarlo en una imagen. Auspiciado por el Conseil Général des Landes, este volumen con textos en francés, español e ingles contiene un amplio número de fotografías del artista, además de textos en los que se desvelan los porqués de su pasión por el arte jondo. La letra impresa dedica especiales apartados a artistas como Camarón, Rocío Molina o Chocolate, mientras que a través de las imagines se encuentran instantes de arte, de compás, de jondura, en los que aparecen las grandes figuras del flamenco. A través de su cámara, capta la expresión, la gestualidad y el movimiento que tanto la habían impresionado cuando descubrió, en 1998, en el Festival de Mont-de-Marsan, "un mundo que tocó mi sensibilidad". Jean-Louis Duzert sabe cómo mirar los detalles y, lo mas importante, sabe transmitirlos. En este libro todos estos aspectos quedan de manifesto.

 

Alborea

Balada Flamenca, Sud Ouest Dimanche, novembre 2011

Les longues mains de Camarón de la Isla battant la mesure, un jour de 1990 au festival d'Arte flamenco de Mont-de-Marsan : cette photo date « l'entrée en flamenco » de Jean-Louis Duzert, ancien photographe de « Sud Ouest », jusqu'alors hermétique aux rauques sanglots andalous. Sous la plume de Ludovic Pautier, enseignant girondin féru de flamenco comme de corrida, le texte de cette « Balada flamenca » s'ouvre sur le portrait de Camarón, « brandon à tête de Nazaréen ». Histoire d'un rendez-vous foiré, à Nahuques, quartier de Mont-de-Marsan. Le chanteur et sa troupe s'étant perdus en route. Camarón enfin parvenu à bon port allait suivre une soirée restée dans les annales du festival montois. De cette « nuit sacrée » (sic), Jean-Louis Duzert a lui-même gardé un indicible souvenir. « Derrière l'objectif, raconte-t-il, j'ai les yeux noyés de larmes […]. Cette fameuse nuit de Camerón a laissé son imprimatur sur la suite de mon travail. »
Cette nuit-là est née la fameuse photo des mains de Camarón, lourdes de quincaille et ornée s d'un curieux tatouage, dont Duzert rapporte qu'elle lui a servi maintes fois de passeport chez les Gitans.
Dans les détails
« Les expressions dures des cantaores, leurs mimiques quasi tragiques m'inspirent des images puissantes », confie le chasseur d'images. Si le diable est dans les détails, le « duende » l'est aussi, terme intraduisible dont s'approche vaguement notre « état de grâce ». Voilà pourquoi Jean-Louis Duzert privilégie les cadrages serrés « qui font saillir les détails des artistes. Mains, pieds, visages… » Les clichés, tous en noir et blanc, ont été pris lors de spectacles ou bien dans l'intimité des artistes, de Séville à Jerez en passant par Cadix. L'album déroule une galerie de portraits : Chachi, Rocío Molina, Chato de la Isla, Chano Lobato, Juana la del Pipa, tous dans la plénitude leur art, la splendeur sauvage de leur gestuelle. Tout au long de sa quête, qu'ont ponctuée de nombreuses expositions - dès 1990 à Mont-de-Marsan, puis Nîmes, Séville (biennale 1994), Jerez, Lebrija, Biarritz, Béziers -, Jean-Louis Duzert s'en est fait un principe : aucune photo n'est posée, montée, arrangée. Les 350 photos rassemblées sont souvent indépendantes d'un texte chantourné qui s'écoule dans un lyrisme de bon aloi. Extrait : « Le cantaor et le tocaor construisent un langage du corps qu'ils articulent et désarticulent à coups de marteau indicibles avec, s'ils sont sublimes, une sauvagerie proverbiale et mythique. » Pour qui cherchait une définition du flamenco, la voilà.

« Balada flamenca », Jean-Louis Duzert, textes de Ludovic Pautier, éditions In8, 213 p., 30 euros.

Thomas Longué

www.sudouest.fr

Balada Flamenca, photosmotstoros, novembre 2011

Marc m’a sollicitée pour une reseña sur ce livre et je ne me suis pas faite prier tant j’adore son thème et apprécie la plume de Ludovic Pautier ainsi que son émission radiophonique Falseta que j’écoute régulièrement. Je connaissais moins Jean-Louis Duzert dont les photos ont été ici une vraie révélation.
Inutile de dire qu’une telle
reseña s’est avérée pour moi une mission délicate. Car comment résumer (le mot déjà est réducteur) l’expression aux mille facettes de cet art porté et transmis ici de manière magistrale par deux poètes qui ne font qu’UN tant l’osmose est totale entre l’œil du photographe et l’érudition flamenca de l’écrivain ?
Et là, je dois l’avouer, livre en mains, tranquillité dominicale, confort de
mi mecedora, j’ai pris un plaisir extrême à découvrir ce livre.
Ce n’est pas une énième histoire des origines du flamenco : pas de description didactique des
palos ni de jugement porté entre flamenco puro, jondo en opposition au flamenco moderne plus ou moins novateur … C’est un livre généreux imprégné de l’amour du flamenco qui anime ses auteurs, et de l’envie de transmettre, de « passer ».
Auteurs qui semblent vivre et respirer le flamenco par toutes les fibres de leur corps … ils sont eux-mêmes « flamencos » ! Sans racines gitanes, sans culture andalouse, ils ont été touchés par la grâce du
duende à un point magistral.
De la photo de ces belles et mythiques mains de
Camarón à ces visages de cantaores déformés par une douleur éructée mais qui transforme l’expression de leur visage en absolue beauté, en passant par cette Rocío Molina faisant corps avec son mantón de manila dans un mouvement fascinant bras levés vers le ciel, le regard reste séduit.
D’autres photos impriment ma rétine : le christique et beau
Joaquín Cortés (danseur si décrié par les puristes), María Pagés, de dos, dans une harmonie corporelle des lignes extraordinaire, las batas de cola … et tant d’autres instants saisis dans des lieux éloignés mais pourtant si vrais et intemporels : la magie du flamenco qui devient un code universel ?
Ludovic Pautier
écrit : « le particularisme du flamenco tient à ce qu’il mêle progressivement les impétrants et les habitués ». C’est tout à fait vrai. Et lorsqu’on réalise que sans être hispanisant on arrive à recevoir le choc émotionnel de cet art, on comprend la force profonde, puissante, tellurique qu’il véhicule. Encore faut-il avoir cette sensibilité qui est propre à tout être à la recherche del arte et son envie d’y entrer et de « communier ».
Balayant d’une phrase le flamenco pour touristes fabriqué et vinylisé dans les années « costa brava »,
Ludovic Pautier nous ramène à l’essence pure. Pas seulement celle qui émane d’un llanto, d’un jaleo, mais aussi aux lieux qui les produisent et qui les magnifient. Car le flamenco requiert des lieux d’écoute, des atmosphères : « Il aime les patios de voisinage …. le cercle qui nous met entre soi, la fumée, les verres … quand toute la machinerie et ses artifices s’estompent, la profondeur reprend ses droits … » (sic)
Comme c’est juste. Et comme je regrette, lors du Festival de Nîmes, que ces « messes » se déroulent dans ce grand théâtre ou des lieux si conventionnels. Le prix à payer pour diffuser au plus grand nombre bien sûr et ne boudons pas notre plaisir …. mais les
jaleos, les arsa, asi es et autres gritos que l’on aimerait lancer dans le feu du spectacle se figent dans la gorge tant le lieu ne « donne » pas …
Livre à garder à portée de main pour le plaisir de le compulser au hasard des pages et à offrir à ceux que l’on souhaite initier …. Pour ceux qui aiment déjà le flamenco, un livre référence.
Bellisima balada flamenca señores…
Camarón
me acompañó … « Pa qué me llamas prima …. » y le respondió Mayte Martín con su « Vidalita ».
Maja Lola

http://photosmotstoros.blogspot.com

Balada Flamenca, La République des Pyrénées, novembre 2011

"Loulou en pays Flamenco"

Reporter-photographe de presse de 1973 à 2010, Jean-Louis Duzert, dit «Loulou», a toujours cultivé des jardins secrets. Aficionado du flamenco, il dédie à cet art une jolie balade illustrée publiée chez In8.

Pour tous ceux qui le côtoient de près, Jean-Louis Duzert reste « Loulou », un personnage jovial dont la faconde n'a d'égale qu'un amour gourmand de la vie. Pendant plus de quarante ans, il a posé sur les événements et les gens le regard acéré du journaliste version reporter-photographe. Le métier s'imposa presque naturellement à l'aîné de quatre enfants dont le père servait l'Armée de l'Air. « Tout est parti d'un appareil offert pour ma communion solennelle. Je fréquentais le club-photo mais très vite, j'en éprouvai les limites ».
Reçu en même temps à l'Ecole hôtelière de Talence et à l'Ecole de photographie d'Orthez, il choisit logiquement la seconde. Après des débuts de portraitiste chez Bonnefond, une adresse réputée de Bordeaux, il exerce dans le cadre de l'armée puis auprès de grands ministères.
En 1973, Henri Amouroux, patron de rédaction du jounal Sud-Ouest, l'engage. De Bordeaux à Pau via les Landes, il s'imprégnera de tout ce qui fait le terreau de l'actualité régionale et locale. « Mon premier reportage, ce fut 'Mériadeck en l'an 2000'. Tout de suite, le terrain m'a captivé. C'est un métier extraordinaire. Il faut que ça bouge. J'ai vécu une période où tout était facile et j'avais la chance d'être dans un grand quotidien où l'on adorait l'image. Quand j'ai commencé, nous étions 35 photographes. C'était aussi la belle époque des Girondins ! ».
Ancien rugbyman du Stade bordelais, du XV orthézien et du Racing Club de France où il officiait généralement au poste de trois quarts centre, « Loulou » Duzert ne se cantonnera pas aux couvertures sportives. La polyvalence du photojournalisme comble son esprit vif, curieux et résolument « indépendant ».
Le professionnel qui immortalisa François Mitterrand à Latché, prit le tout dernier cliché de Robert Boulin avant sa mort tragique et croisa des sommités de tous horizons, estime en toute humilité qu'« il n'existe pas de petits sujets ». L'honneur du reporter provient du « sens » qu'il donne à l'objet capturé par son objectif, ce qui ne l'empêche pas de magnifier des jardins enchantés cultivés en marge de la presse. « En activité, j'ai toujours observé un droit de réserve », glisse le retraité désormais délié de toute allégeance.
Le flamenco, l'un de ses mondes intimes qu'il peut aujourd'hui explorer sans freins, il le découvrit en 1989 au festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan. « La première année, j'ai détesté car je ne comprenais rien aux cris et aux claquements des pieds, mais j'étais intrigué ». Pour s'initier aux codes d'un langage et d'une plastique artistiques aussi fascinants que secrets, Jean-Louis Duzert interroge les livres et prête l'oreille aux spécialistes.
L'année suivante, il rencontre surtout Paco de Lucia, Cristina Hoyos et l'ineffable Camarón de la Isla dont il fixe les mains sur la pellicule. Le fameux cliché qu'on s'arrache jusqu'à Séville consacre l'entrée de « Loulou » dans le mundillo du flamenco qu'il s'en ira appréhender de l'intérieur en Andalousie. Il s'implique à fond, expose souvent et amoncelle les instantanés de danses, chants et fêtes gitanes : 10 000 documents accumulés à ce jour. Un fonds très précieux pour nourrir « Balada flamenca », un saisissant album aux tonalités noir et blanc publié par l'Atelier In8 et doublé d'une exposition d'envergure, tout cela sous l'égide du conseil général des Landes.
Les textes peaufinés reviennent à « l'ami de vingt ans » Ludovic Pautier, un enseignant-poète inconditionnel de flamenco et tauromachie. L'édition trilingue entremêle fragments de vie et portraits serrés : des miroirs scandant l'histoire d'un art sacré aux dimensions d'univers.

===> Ligne de vie
l Né le 1er avril 1950
à Villenave- d'Ornon (Gironde). Marié. 1 fille.
l Etudes
: Cycle secondaire à Bordeaux. Ecole de photographie d'Orthez.l Carrière : Photographe rattaché à l'Ecole d'application militaire de l'énergie atomique et à la 1ère Région maritime (1970), puis aux ministères des PTT et de la Santé. Reporter au journal Sud-Ouest de 1973 à 2010.Il est le photographe officiel de l'Orchestre de Pau et des pays de l'Adour et du festival de flamenco de Nîmes.
l Bibliographie
: a illustré plusieurs ouvrages sur le vin, la chasse, le sport, le patrimoine et la politique (« La France tranquille » de Dominique Jamet et « Mitterrand et les Landes », un recueil de témoignages). Après « Balade landaise » (1992), son 1er livre en solo, il signe « Balada flamenca » (2011) avec des textes de Ludovic Pautier.

>> Exposition photographique « Balada flamenca » du 15 novembre au 15 décembre à l'Hôtel du département de Pau (salle des arches).
>> Dédicace le 5 novembre
de 11 h à 13 h à la librairie Tonnet à Pau (place Marguerite-Laborde) autour d'un apéritif andalou.
>> Rendez-vous au Salon du Livre de Pau
(25-26-27 novembre) sur le stand In8. Conférence illustrée « 20 ans de flamenco à travers l'oeil du photographe » samedi 26 à 14 h 30 au Palais Beaumont.

Renée Mourgues
www.larepubliquedespyrenees.fr

 

Balada Flamenca, Flamenco Web, octobre 2011

Balada flamenca, 20 ans de flamenco dans l’ œil du photographe
Le photographe Jean-Louis Duzert publie son premier livre de photographies dans lequel il retrace les moments uniques de sa carrière flamenca. "Balada flamenca"est publié aux Editions de l’ Atelier In8.
Balada flamenca est un livre magnifique qui vient couronner la longue carrière du photographe Jean-Louis Duzert, appelé affectueusement Loulou par les professionnels.
L’ édition, trilingue, foisonne d’ anecdotes, tant à travers le texte qu’ à travers les photos. Les connaisseurs s’ évaderont à travers les émotions subtiles de moments privilégiés qui suscitent l’ envie ou les souvenirs partagés, tandis que les novices seront portés par les passions que suscitent la force des photos. Il y en a des centaines dans ce livre, et pourtant « ça n’a pas été facile d’ en choisir si peu », confiait Loulou : « J’ en ai tellement ! ». Dans le prologue, le photographe nous rappelle qu’ il a « découvert le flamenco à travers le premier festival d’ Arte Flamenco, organisé par le Conseil Général des Landes à Mont-de-Marsan en 1989 ». Spécialiste de la photographie de presse, mais aussi portraitiste, il précise qu’ il a « aussitôt ciblé l’ expression, la gestuelle et le mouvement », travaillant « sur le flamenco comme sur le rugby ou sur la tauromachie ». Depuis cette première découverte, Jean-Louis Duzert est devenu l’ un des photographes français incontournables des rendez-vous flamencos, ce qui lui permet aujourd’hui de posséder une collection de photos exceptionnelles, véritable mémoire flamenca de ces dernières décennies. Depuis la scène bien évidemment, en passant par les coulisses, mais aussi dans les juergas, publiques ou familiales, les ferias, le Rocío, les cours de danse ou la rue, on a l’ impression que le photographe possède un sixième sens qui lui permet d’être toujours présent là où il faut. Ses photos restituent l’ ensemble du panorama flamenco d’ aujourd’hui, sans distinction de genre, et l’ on retrouve avec émotion aussi bien les derniers artistes qui nous ont quittés que les plus jeunes qui prennent la relève, les compagnies, les différents professionnels du « mundillo » ou les anonymes. Les textes de Ludovic Pautier s’ enchaînent avec aisance et professionnalisme, depuis les souvenirs personnels partagés avec certains artistes - qu’ il nomme parfois familièrement comme un clin d’oeil, Juana ou Daniel - en passant par les cantaores, pour finir par un chapitre intitulé « Ser flamenco », dans un style très personnel, parfois lyrique sans pour autant être vide de sens, souvent émouvant, et témoignant toujours de l’ observation juste du connaisseur. Une écriture sincère et engagée, hautement appréciable, n’ hésitant plus à se positionner entre l’ amour pour le flamenco et la réalité des choses… Une évidence qui lui fait écrire joliment, avant de conclure : « Que dire quand on est flamenco, devant ce qui vrille le cœur tout à coup ? Rien. Ou juste ceci : Olé ! El que sabe, sabe. » Et même si les dernières phrases de ce beau livre précisent humblement « Nous n’ en sommes pas là », il est certain que tant Duzert que Pautier sont de vrais aficionados qui nous proposent, ici, un livre passionnant. Balada flamenca, bien servi par une très jolie édition, plongera, à coup sûr, les connaisseurs comme les amateurs dans une réelle émotion : un très joli cadeau pour tous.

Manuela Papino

www.flamencoweb.fr

Balada Flamenca, Sud-Ouest, octobre 2011

Cette œuvre d'art - car cet album en est une -, Loulou Duzert l'a longtemps portée en lui ; « Le flamenco, dit-il, est toujours resté mon jardin secret ». Sa rencontre avec In8, la maison d'édition de Serres-Morlaàs adossée à un atelier graphique, a décidé de son éclosion, alors qu'était acquise la participation à cet ouvrage du Conseil général des Landes.
« J'attendais de l'éditeur qu'il me fasse une vraie proposition créative », dit-il, reconnaissant qu'In8 et sa directrice de l'édition, Josée Guellil, ont plus que largement inspiré la forme.
« C'était un peu du funambulisme, dit cette dernière. Ce ne pouvait pas être "que" la ballade de cœur de Jean-Louis. »
Idem pour le texte, signé de Ludovic Pautier, instit bordelais, encyclopédie vivante du flamenco. Sa plume a parfois été sommée d'être un peu moins érudite… Et un peu plus didactique.
Longtemps Jean-Louis Duzert fut rétif aux rauques sanglots andalous. Pour « Sud Ouest », il couvrit d'abord le festival Arte flamenco de Mont-de-Marsan comme en service commandé. « Au début, je ne supportais pas ces types qui pleuraient leur mère - Aïe ! Aïe ! Aïe ! - et claquaient des talons. »
Mais vint le coup de foudre, au début des années quatre-vingt-dix : « C'est comme la tauromachie, tu entres là-dedans ou tu n'y entres pas. »
État de grâce

« Ce livre, poursuit l'ancien imagier de notre journal, retrace mon itinéraire à travers vingt ans de flamenco. Là-dessus se greffe le travail de Ludovic, qui en tire le fil conducteur, à travers des portraits, des focus. » Or donc, Jean-Louis Duzert, de Saint-Vincent-de-Tyrosse… découvrit le « duende », c'est-à-dire la grâce et l'état extatique de qui en émane. Dès lors, de Nîmes à Séville, il n'eut de cesse de saisir les instants magiques du flamenco, au travers de ses interprètes les plus fameux. Dans des torsions de mains ; des ondulations de croupes ; des masques de visages torturés comme des Goya. « Aucune photo n'est "posée" », se flatte Duzert. Les « amants de la plainte », c'est la jolie métaphore par laquelle Ludovic Pautier désigne ses semblables, aficionados. Précisément, Jean-Louis Duzert vit s'ouvrir la porte de la confrérie le jour où il fit, à Mont-de-Marsan, la divine photo des mains de Camarón de la Isla, devenue, prétend-il, son « passeport chez les Gitans ». Le cliché lui a été acheté par le Centre d'art contemporain de Séville. « Balada flamenca » comporte 350 photos en noir et blanc. L'album bénéficiera d'une diffusion nationale et même internationale, le texte étant trilingue (français-espagnol-anglais).

Jean-Louis Duzert signera son ouvrage le 5 novembre (11 heures) à la librairie Tonnet de Pau. Indépendamment, son exposition sur le flamenco vit sa vie. Elle est actuellement à la mairie de Lons.

www.sudouest.fr

Balada Flamenca, flamencoweb, juillet 2011

Vies sur scène

Comme il existe des monstres sacrés dans le monde du flamenco, il y a aussi des figures incontournables dans celui de la photographie flamenca, parmi lesquelles Jean-Louis Duzert, dit Loulou.
On le croise dans tous les grands festivals de flamenco en France et en Espagne : un homme enthousiaste et particulièrement généreux. Tous les artistes et directeurs de festival le portent dans leur cœur. Loulou est l’ une des signatures françaises de la photo flamenca. Son objectif a croisé les plus grands artistes et les plus grandes promesses. C’ est qu’ il a l’œil, Loulou ! Il sait détecter avec une intuition innée les futurs talents et « sentir » la scène. Les photographies de Rafaela Carrasco, Rocio Molina, María Pagés, Andres Marín, Israel Galván, Eva La Yerbabuena, Manuel Molina… illuminent les murs.
En tant que photographe, on peut se fier à son œil, il suffit de le regarder après chaque spectacle : Loulou est un ultra sensible. Après tant de clichés, son obturateur saisit chaque mouvement avec la même fraicheur, comme pour la première fois. Quand il « shoote », il vit l’ autre dimension, celle qui l’ entraîne dans ses émotions. Il rit, il bougonne, il s’ inquiète, il se réjouit, et parfois cache une larme en baissant le regard, comme à la fin du concert de Dorantes et Esperanza Fernández. Merci, Loulou, de nous faire découvrir ce que ton œil a saisi : des artistes habités par leur art, le duende, mais aussi des portraits saisissants comme celui d’ El Cabrero chez lui, ou encore celui de Raquel Villegas à Sanlúcar de Barrameda. Ces quelques clichés intimes sont les plus émouvants, quand on sait que l’ exercice de « faire simple mais exact » est toujours un pari à haut risque. En effet, Loulou nous fait passer de l’ état de spectateur à celui d’ invité privilégié, captant un instant de vérité, comme ce cliché des guitaristes répétant dans un couloir, ou cette procession qui parcoure le chemin d’ El Rocío. Toutes ces photographies en noir et blanc ajoutent au flamenco un peu de dramaturgie et transmettent le feu sacré.
Cette exposition, qui fait la part belle à la scène flamenca, nous offre un large éventail de photographies figurant toutes dans son livre à paraître l’automne 2011. Mais nous espérons découvrir prochainement un peu plus de ces fameux portraits naturels. Nous présumons que Loulou nous réserve encore des trésors, et mon petit doigt m’ a dit que …
Muriel Mairet

Balada Flamenca, Aqui.fr, juillet 2011

Manuel Molina, Maria Pagés, José, Pastora et Israël Glavan, Juana Amaya, Conchas Vargas, Juana Del Pipa, Camaron de la Isla, Andrés Marin, El Zambo et quelques autres sont immortalisés à jamais par les photos noir et blanc de Jean-Louis Duzert. D'une scène à l'autre, dans un chant, une attitude, un claquement de talons ou un rythme de palmas, les plus grands sont là, « cantaores » et « bailaores » qui ont marqué l'histoire contemporaine du flamenco. Une « Balada Flamenca », qui s'expose là où tout à commencer pour le photographe : à Mont-de-Marsan.
Cela fait un peu plus de vingt ans que Jean-Louis Duzert est tombé en passion pour le Flamenco. Vingt-trois ans exactement, comme autant d'édition du Festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan. En effet, en 1989, fraîchement débarqué à Mont-de-Marsan, c'est son travail de photojournaliste qui amène Jean-Louis Duzert « à couvrir » l'évènement de cette grande première. Une rencontre avec le flamenco, dont il ne pourra plus se passer, surtout lorsque dès la deuxième édition, il signe la photo mythique : « les mains de Camaron », tatouées, bagues et montres en or, en train de frapper l'une contre l'autre. Ces mains de gitan, dechanteur de « cante jondo », suffisent à imaginer sans mal le reste de la scène jusqu'à l'expression du chanteur.
"Voler des morceaux "
Car, c'est une spécificité des photos de Jean-Louis Duzert : faire des images serrées, ne voler que des morceaux de ce qui se joue devant lui : l'intensité d'un chant ou d'une danse, l'âme du flamenco. Il le reconnaît lui-même « je n'ai pas envie de tout montrer, je veux que les gens imaginent, rêvent ». C'est donc dans les mains, les regards, les mimiques voire parfois dans les grimaces des chanteurs possédés par leur cante que tout le tragique du flamenco vous saute aux yeux. Et quand les danseuses sont prises en photo toute en courbe et en lumière, le regard amoureux et passionné du photographe, les voit fières, belles et sensuelles.
Si vous êtes de passage à Mont-de-Marsan d'ici au 29 juillet, c'est donc au Musée Despiau Wlérick, qu'il vous faudra trouver le temps de vous rendre. En effet, à compter du mois d'août l'exposition « Balada Flamenca », continuera son chemin vers d'autres salles d'exposition à travers la France et l'Europe. Si l'organisation de cette exposition montoise a donné lieu à la publication d'un livre, il n'en reste pas moins que la visite de l'expo est une occasion à ne pas manquer.

Solène Méric

Balada Flamenca, Sud Ouest, juillet 2011

Il fait partie de ces éternels amoureux de la vie qui ont parfois du mal à comprendre le monde dans lequel ils vivent. Un rien nostalgique, bohème impénitent et épicurien par philosophie, voilà longtemps que Jean-Louis Duzert a troqué son patronyme pour le diminutif plus chantant de Loulou.
C'est ainsi qu'on le connaît dans le mundillo du flamenco. Ancien de la maison « Sud Ouest », c'est pour l'agence montoise du quotidien qu'il a couvert les premiers soirs du festival Arte Flamenco. Arrivé dans les Landes en septembre 1988, il déguste le premier millésime dix mois plus tard. « C'était rude, se souvient-il. Je n'y connaissais rien, je ne parle pas un traître mot d'espagnol. J'avais même acheté un livre pour essayer de comprendre quelque chose. »
Plus de deux décennies plus tard, il ne devise toujours pas avec Don Quichotte, mais continue à vivre au rythme de l'Arte, quand le temps qui passe s'entortille dans la complexité des rythmes et s'écoule dans l'irrégularité du temps.
Les mains de Camaron

« Le soir de Camaron, j'ai attrapé le duende. En l'entendant, j'avais les poils au garde à vous et l'œil humide », confesse Jean-Louis Duzert. Il faut dire que le mythe, « le monstre », n'était arrivé que fort tard à Mont-de-Marsan. « Tout le monde était parti en ville, il a fallu rameuter dans les bars pour dire qu'il allait finalement chanter. » Et, au bout de cette nuit devenue légendaire, une clé pour le photographe. Les mains de Camaron - un cliché où toute la tension du cante jondo apparaît dans les chairs de l'artiste - lui ont ouvert, de son propre avis, « les portes du monde flamenco ». Un gros plan, l'une des caractéristiques des instantanés de Loulou Duzert ; un retour vers ses premières pellicules de portraitiste. « Les gens n'ont pas besoin de tout voir. Je cherche l'attitude profonde de chaque artiste tout en lui laissant une part de mystère. » Une mimique de Pedro Bacan, l'un ou l'autre de la famille Galvan, une main de Juana Amaya… Les noms et les souvenirs affluent et donnent le tournis, telles les danses de ces femmes qui, si elles ne sont pas toutes belles, parviennent en revanche à nous le faire croire.
De cruelles blessures

Être sensible dont la rondeur reflète ici une grandeur d'âme enfouie sous un caractère d'ours mal léché, le photojournaliste ne pouvait être que fasciné par ce « peuple qui, souvent poussé par le nomadisme, exprime par le chant de cruelles blessures ».
Au moment d'accrocher aux cimaises du musée Despiau-Wlérick le résultat d'une errance de plus de deux décennies, également couchée sur le papier de la jolie maison d'éditions béarnaise Atelier IN8, le photographe le revendique. « Les complaintes - souvent inspirées de scènes de la vie et d'histoires familiales - donnent à mes portraits une intensité dramatique. »
Vingt ans de photographies ; des centaines de négatifs ; quelques milliards de pixels emprisonnés dans son appareil. De Mont-de-Marsan, dans le sillage du Conseil général des Landes et d'Antonia Emmanuelli, à l'Andalousie. Une « Balada flamenca » de Séville à Utrera, de Lebrija à Jerez, de Cadiz à Huelva… Aux sources du flamenco, puisque celui-ci sait se faire désirer et surgir parfois dans les endroits les plus improbables. « Il n'y a pas de rendez-vous possible avec le duende. C'est un peu comme une troisième mi-temps au rugby : elle prend ou elle ne prend pas. »
Une histoire d'humanité en fait. Pas étonnant, alors, que Loulou ait été accepté dans ce mundillo où les regards veulent souvent dire plus que les mots. « Touriste de la vie », selon son entourage, le charcutier-conteur de Laruns, Jean-Claude Coudouy ne l'a-t-il pas défini comme ayant « le cœur au bout du doigt ». Prêt à appuyer sur l'objectif, évidemment.
« Balada flamenca », photographies de Jean-Louis Duzert, au musée Despiau-Wlérick. Visible de 10 heures à 19 heures pendant le festival Arte flamenco. Du 10 au 29 juillet, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Présentation en avant-première de l'ouvrage de Jean-Louis Duzert et Ludovic Pautier, aux éditions Atelier IN8.

Benjamin Ferret