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Les critiques

Les Yeux, coup de coeur de La Depeche

Philippe Motta, les mots pour le dire

coup de cœur

Il est des livres comme des musiques : ils s'insinuent dans votre esprit et reviennent sans crier gare vous souffler une phrase, un mot, une tournure. «Les Yeux» (Alter & Ego), de l'auteur toulousain Philippe Motta, qui sera ce samedi, à midi, à la librairie Ombres blanches, est de ceux-là. Court et magistral, il s'ouvre sur une situation poignante : un «chaos terrible» auquel succède le silence, et un enfant qui attend le pardon de sa mère. Le «décor» planté, l'écrivain bâtit alors, en travaillant, en torturant ses phrases et ses mots à la manière fougueuse et tendre d'un sculpteur, un roman en «exercice de style» d'une qualité littéraire rare.

«Je voulais faire parler cet enfant qui ne sait pas parler mais qui a des choses à dire, explique Philippe Motta. Son langage est de travers mais lui va droit au but : il a cet amour, il veut «embrasser» sa mère. Si l'on sent une urgence, si l'enfant est porteur d'une grande émotion, s'il veut partager avec vous une peine, ou une joie, on l'écoutera alors. C'est cela que j'ai voulu travailler : prendre le bruit d'une casserole et d'en faire une symphonie.»
source :http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/20/1470009-philippe-motta-les-mots-pour-le-dire.html

T'as d' beaux yeux, tu sais !

Article paru dans La Feuille, octobre 2012

Si les dernières lubies d'Amélie Nothomb commencent à vous courir sur le haricot, si les records de ventes de la mère d'Harry (pas le prince, le sorcier) Potter vous laissent indifférents, si vous êtes de ces êtres délicats qui aiment les livres rares, vous serez copain avec Philippe Motta qui vient de nous pondre un petit bijou.
(…) C'est un homme de l'intérieur, dont le voix exprime plus souvent la confidence que la diatribe. Sensible il est aussi à un point qu'on imagine que quand on a lu ses livres. Capteur d'émotions il doit respirer comme d'autres tirent avec volupté la bouffée de la cigarette. Voilà pour le mec. Au demeurant longtemps journaliste à sud ouest.
Alors... l'histoire... le livre, aussi beau à l'extérieur qu'à l'intérieur. Une maquette soignée, une couleur délicate, un titre qui est un appel au voyage.
A l'intérieur, un môme, un môme écrabouillé par ce qu'on devine être un accident, et qui essaie de se reconstruire, au propre comme au figuré. On finit par comprendre que son papa est resté dans la tôle froissée ce jour-là. Sa Maman ? Il a senti sa présence, le parfum de ses cheveux à son réveil, elle a été là et elle est toujours là mais coupée du monde désormais.
L'enfant puis l'ado va – jamais très loin de sa mère – parler des gens qui m'entourent dans les centres spécialisés qui le guident, en mêlant à son histoire les lames de fond de ses souvenirs d'avant, une nostalgie apprivoisée par des mots fracassés qui tentent de se remettre en ordre.
Et c'est là où Philippe Motta est très fort. Le premier chapitre va vous paraître étrange, les phrases sont disloquées, puis bizarrement vous entrez dans le jeu, vous comprenez mieux et plus profondément cette syntaxe syncopée que la logique habituelle des livres. Et ça devient comme une drogue. Vous ne pouvez pas lâcher les pas du jeune homme, vous voulez savoir où il va. Vous le suivez dans une plongée en apnée, vers le grand bleu des sentiments que l'on ne capte que lorsqu'un événement violent nous touche.
C'est un style inimitable qu'on ne peut expliquer qu'en en donnant un extrait, un style qui vous devient si familier qu'à la fin vous vous surprenez à parler couramment le Motta, une curieuse langue qui réunit en une phrase les incompatibles, qui pulvérise les faux semblants.
Tous ceux qui dégustent les mots comme d'autres les vins retrouveront dans ceux de Philippe ceux qui les a fait fondre d'émotion dans les livres de Romain Gary, ou plus exactement de son double Emile Ajar, surtout dans l'inoubliable « Angoisse du roi Salomon ».
Là aussi un môme aux mots éclatés qui essaie de se reconstruire sans comprendre totalement la logique du monde qui l'entoure.
A vous de déguster cet alcool doux et fort.

Sur la plage d'Ostende, une "pépite", Blog de Françoise Guérin

Publié le 21 octobre 2012 par Françoise Guérin
De Lauzerte, bienveillante capitale de la nouvelle littéraire sur la route de Compostelle, je rapporte, chaque automne, des trésors. Cette fois, c’est au stand des Éditions de l’Atelier in8 que j’ai cueilli (merci Sylvie !) une pépite, dans une jolie collection de textes qui, pour être courts, n’en sont pas moins grands.
Sur la plage d’Ostende est un texte d’une vingtaine de pages denses publiées dans un agréable petit format. La couverture est sable, comme les boutons de parka que le héros va perdre sur la grève, boutons qui vont le gratter jusqu’à la déraison.
Le texte débute par un sublime tête à tête avec la mer du Nord, un lendemain de réveillon. « Le sable était lourd, saturé de pluie. […] l’aube faisait son show, sillonnant le ciel d’égratignures roses. Je l’ai admirée un moment, tête renversée, yeux picotés de bruine. […]
– J’ai bien fait de venir, hein ? ai-je crié à la mer, avec l’impression de mâcher de l’iode.
Le cliquetis de mes dents, dans la caverne chaude et ouatée de la capuche, a couvert une minute le raffut de la tempête. »
Ne vous y trompez pas. Si Magali Duru, comme souvent, décrit à la perfection, ce n’est pas pour faire joli mais pour mieux entraîner, à sa suite, un lecteur conquis par la richesse de sa langue. Agenouillés dans le sable, nous voici à la recherche désespérée de ces deux boutons de plastique percés de quatre trous que le vent a arrachés à la parka du héros. Quête obscure et vaine à laquelle le personnage ne semble pouvoir renoncer malgré l’apparition, à quelques pas de là, d’un mystérieux inconnu qui le regarde avec insistance.
«  S’il avait eu un minimum de décence, d’empathie, il aurait pudiquement tourné les talons, fait mine de s’intéresser aux vagues, non ? »
Tout est là. La perte dérisoire des boutons, ultimes attributs de la civilisation, laisse le sujet dépenaillé et béant sous le regard impavide d’un autre (forcément) moqueur, figé dans une immobilité définitivement suspecte. Voiles et conventions tombent. La pulsion souffle en rafale. Quand l’inconscient tient à deux boutons de parka…
Quelques pages plus tard, le lecteur referme le livre, un peu troublé par ce qu’il vient d’entrevoir. Le soir venu, en quittant ses souliers, il ne sera pas surpris d’y découvrir un peu de sable humide.
source : http://motcomptedouble.blog.lemonde.fr/2012/10/21/sur-la-plage-dostende-magali-duru-aux-editions-de-latelier-in8/

Les yeux, "éminemment poétique" pour Le Figaro

Astrid de Larminat fait l'éloge du roman de Philippe Motta dans le Figaro du 20/09/2012.

"Le roman de Philippe Motta commence par une phrase énigmatique, "Je sais que Claire écrit avec les yeux de maman", dont le sens se décillera au fil du récit. Claire est la soeur du narrateur, qui a eu un grave accident de voiture avec ses parents lorsqu'il était enfant. Son cerveau a gardé des séquelles du choc. Sa capacité à articuler logiquement le langage a été affectée. Mais son intelligence est intacte, et même affutée par la distance que son handicap linguistique instaure avec le monde environnant. Il aime l'informatique et les mathématiques qui relient l'infiniment petit et l'infiniment grand : "L'Univers est une couronne de chiffres qui dansent comme avec un cerveau." Il travaille à la gestion des stocks d'un supermarché. Le patron le prend pour un idiot, il a tort. Chaque jour, il rend visite à sa mère à l'hopital. A cause de l'accident, elle ne bouge plus ni ne parle depuis des années : "J'ai trouvé que ses yeux disent, mais pas encore comment." Autre personnage de sa vie, Mariette, sa nourrice rwandaise, qui lui a appris à voir au-delà du visible et à écouter les silences. Un beau récit dont la langue qui suit le cours des pensées en se jouant de la syntaxe est éminemment poétique."

Fou rire, Biblioblog, juin 2011

Après quelques semaines d'abstinence forcée, j'ai eu besoin de replonger dans la lecture sans gloutonnerie. Les formats des éditions des Ateliers de l'In8 sont idéaux dans ces cas-là. Un fou rire, tout juste que ce qu'il me fallait. A moins que la surprise ne soit pas là où je l'imaginais.
Anissa, jeune mariée tunisienne, quitte sa terre natale au lendemain de ses noces pour rejoindre les Etats-Unis. Dans l'avion qui la mène vers un nouvel avenir, au côté de son mari, Anissa replonge dans ses souvenirs. Comment la jeune fille qui aurait dû rester toute sa vie dans son village a-t-elle réussi à épouser ce riche entrepreneur ?
Joëlle Cuvilliez nous conte en quelques pages le parcours de cette jeune femme décidée à se créer un destin : les études loin du village, les hommes d'un soir, la déception de ne pas avoir réussi à s'extraire de son milieu, le mariage arrangé... mais pour se marier, encore faut-il être vierge....
En début de billet je parlais de surprise car à la lecture du titre, je pensais trouver un texte léger. Il n'en est rien et le fou rire d'Anissa est bien cher payé. En tournant la dernière page, le rire s'étrangle dans la gorge et l'on se dit que l'égalité entre homme et femme est toute relative. Plus qu'un fou rire c'est un rire de fou, un rire jaune comme la couverture du livre. Mais un rire salutaire pour ne pas oublier ou occulter ce qui se passe de l'autre côté de nos frontières.

Laurence

Boulette, Agence Régionale du livre Haute-Normandie, juin 2011

Séverine Garnier, de l'Agence régionale du livre et de la lecture de Haute-Normandie, a écrit un très bel article sur Boulette, paru dans la collection La Porte à Côté.
Voici quelques morceaux choisis :

"une nouvelle décapante qui fait son entrée au nuancier des aquitaines éditions de l'Atelier In8. Boulette, c'est le petit nom d'Irène. Boulette est grosse. Boulette veut aimer. Peu importe si celui qu'elle aime est un Kurde d'Irak, Boulette est prête à traverser la manche pour aimer." (...) "Avec la collection La Porte à Côté, les éditions de l'Atelier In8 cultivent un verger dans lequel chaque texte est une nouvelle variété à croquer."

Lire l'Article en entier

Boulette, Blog de la vareuse, juillet 2011

Boulette, c’est Irène, une jeune fille au corps ingrat, trop gras et au cœur pur, malmenée par un père brutal et raciste. Ils vivent près de Calais, dans cette jungle où les sans papiers à bout de ressources, échouent en attendant de pouvoir traverser la Manche.
Le jour où elle découvre la cache de Yussef, sa vie s’illumine. Dès lors, Boulette ne va reculer devant rien pour aider ce kurde d’Iraq et changer le cours de son propre destin.Pas un mot de trop dans cette nouvelle très noire où, sans tomber dans le misérabilisme, l’écrivain de polars Max Obione épingle la condition humaine avec le déterminisme d’un Thomas Hardy.

Balada Flamenca, Sud Ouest, juillet 2011

Il fait partie de ces éternels amoureux de la vie qui ont parfois du mal à comprendre le monde dans lequel ils vivent. Un rien nostalgique, bohème impénitent et épicurien par philosophie, voilà longtemps que Jean-Louis Duzert a troqué son patronyme pour le diminutif plus chantant de Loulou.
C'est ainsi qu'on le connaît dans le mundillo du flamenco. Ancien de la maison « Sud Ouest », c'est pour l'agence montoise du quotidien qu'il a couvert les premiers soirs du festival Arte Flamenco. Arrivé dans les Landes en septembre 1988, il déguste le premier millésime dix mois plus tard. « C'était rude, se souvient-il. Je n'y connaissais rien, je ne parle pas un traître mot d'espagnol. J'avais même acheté un livre pour essayer de comprendre quelque chose. »
Plus de deux décennies plus tard, il ne devise toujours pas avec Don Quichotte, mais continue à vivre au rythme de l'Arte, quand le temps qui passe s'entortille dans la complexité des rythmes et s'écoule dans l'irrégularité du temps.
Les mains de Camaron

« Le soir de Camaron, j'ai attrapé le duende. En l'entendant, j'avais les poils au garde à vous et l'œil humide », confesse Jean-Louis Duzert. Il faut dire que le mythe, « le monstre », n'était arrivé que fort tard à Mont-de-Marsan. « Tout le monde était parti en ville, il a fallu rameuter dans les bars pour dire qu'il allait finalement chanter. » Et, au bout de cette nuit devenue légendaire, une clé pour le photographe. Les mains de Camaron - un cliché où toute la tension du cante jondo apparaît dans les chairs de l'artiste - lui ont ouvert, de son propre avis, « les portes du monde flamenco ». Un gros plan, l'une des caractéristiques des instantanés de Loulou Duzert ; un retour vers ses premières pellicules de portraitiste. « Les gens n'ont pas besoin de tout voir. Je cherche l'attitude profonde de chaque artiste tout en lui laissant une part de mystère. » Une mimique de Pedro Bacan, l'un ou l'autre de la famille Galvan, une main de Juana Amaya… Les noms et les souvenirs affluent et donnent le tournis, telles les danses de ces femmes qui, si elles ne sont pas toutes belles, parviennent en revanche à nous le faire croire.
De cruelles blessures

Être sensible dont la rondeur reflète ici une grandeur d'âme enfouie sous un caractère d'ours mal léché, le photojournaliste ne pouvait être que fasciné par ce « peuple qui, souvent poussé par le nomadisme, exprime par le chant de cruelles blessures ».
Au moment d'accrocher aux cimaises du musée Despiau-Wlérick le résultat d'une errance de plus de deux décennies, également couchée sur le papier de la jolie maison d'éditions béarnaise Atelier IN8, le photographe le revendique. « Les complaintes - souvent inspirées de scènes de la vie et d'histoires familiales - donnent à mes portraits une intensité dramatique. »
Vingt ans de photographies ; des centaines de négatifs ; quelques milliards de pixels emprisonnés dans son appareil. De Mont-de-Marsan, dans le sillage du Conseil général des Landes et d'Antonia Emmanuelli, à l'Andalousie. Une « Balada flamenca » de Séville à Utrera, de Lebrija à Jerez, de Cadiz à Huelva… Aux sources du flamenco, puisque celui-ci sait se faire désirer et surgir parfois dans les endroits les plus improbables. « Il n'y a pas de rendez-vous possible avec le duende. C'est un peu comme une troisième mi-temps au rugby : elle prend ou elle ne prend pas. »
Une histoire d'humanité en fait. Pas étonnant, alors, que Loulou ait été accepté dans ce mundillo où les regards veulent souvent dire plus que les mots. « Touriste de la vie », selon son entourage, le charcutier-conteur de Laruns, Jean-Claude Coudouy ne l'a-t-il pas défini comme ayant « le cœur au bout du doigt ». Prêt à appuyer sur l'objectif, évidemment.
« Balada flamenca », photographies de Jean-Louis Duzert, au musée Despiau-Wlérick. Visible de 10 heures à 19 heures pendant le festival Arte flamenco. Du 10 au 29 juillet, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Présentation en avant-première de l'ouvrage de Jean-Louis Duzert et Ludovic Pautier, aux éditions Atelier IN8.

Benjamin Ferret

Balada Flamenca, Aqui.fr, juillet 2011

Manuel Molina, Maria Pagés, José, Pastora et Israël Glavan, Juana Amaya, Conchas Vargas, Juana Del Pipa, Camaron de la Isla, Andrés Marin, El Zambo et quelques autres sont immortalisés à jamais par les photos noir et blanc de Jean-Louis Duzert. D'une scène à l'autre, dans un chant, une attitude, un claquement de talons ou un rythme de palmas, les plus grands sont là, « cantaores » et « bailaores » qui ont marqué l'histoire contemporaine du flamenco. Une « Balada Flamenca », qui s'expose là où tout à commencer pour le photographe : à Mont-de-Marsan.
Cela fait un peu plus de vingt ans que Jean-Louis Duzert est tombé en passion pour le Flamenco. Vingt-trois ans exactement, comme autant d'édition du Festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan. En effet, en 1989, fraîchement débarqué à Mont-de-Marsan, c'est son travail de photojournaliste qui amène Jean-Louis Duzert « à couvrir » l'évènement de cette grande première. Une rencontre avec le flamenco, dont il ne pourra plus se passer, surtout lorsque dès la deuxième édition, il signe la photo mythique : « les mains de Camaron », tatouées, bagues et montres en or, en train de frapper l'une contre l'autre. Ces mains de gitan, dechanteur de « cante jondo », suffisent à imaginer sans mal le reste de la scène jusqu'à l'expression du chanteur.
"Voler des morceaux "
Car, c'est une spécificité des photos de Jean-Louis Duzert : faire des images serrées, ne voler que des morceaux de ce qui se joue devant lui : l'intensité d'un chant ou d'une danse, l'âme du flamenco. Il le reconnaît lui-même « je n'ai pas envie de tout montrer, je veux que les gens imaginent, rêvent ». C'est donc dans les mains, les regards, les mimiques voire parfois dans les grimaces des chanteurs possédés par leur cante que tout le tragique du flamenco vous saute aux yeux. Et quand les danseuses sont prises en photo toute en courbe et en lumière, le regard amoureux et passionné du photographe, les voit fières, belles et sensuelles.
Si vous êtes de passage à Mont-de-Marsan d'ici au 29 juillet, c'est donc au Musée Despiau Wlérick, qu'il vous faudra trouver le temps de vous rendre. En effet, à compter du mois d'août l'exposition « Balada Flamenca », continuera son chemin vers d'autres salles d'exposition à travers la France et l'Europe. Si l'organisation de cette exposition montoise a donné lieu à la publication d'un livre, il n'en reste pas moins que la visite de l'expo est une occasion à ne pas manquer.

Solène Méric

Balada Flamenca, flamencoweb, juillet 2011

Vies sur scène

Comme il existe des monstres sacrés dans le monde du flamenco, il y a aussi des figures incontournables dans celui de la photographie flamenca, parmi lesquelles Jean-Louis Duzert, dit Loulou.
On le croise dans tous les grands festivals de flamenco en France et en Espagne : un homme enthousiaste et particulièrement généreux. Tous les artistes et directeurs de festival le portent dans leur cœur. Loulou est l’ une des signatures françaises de la photo flamenca. Son objectif a croisé les plus grands artistes et les plus grandes promesses. C’ est qu’ il a l’œil, Loulou ! Il sait détecter avec une intuition innée les futurs talents et « sentir » la scène. Les photographies de Rafaela Carrasco, Rocio Molina, María Pagés, Andres Marín, Israel Galván, Eva La Yerbabuena, Manuel Molina… illuminent les murs.
En tant que photographe, on peut se fier à son œil, il suffit de le regarder après chaque spectacle : Loulou est un ultra sensible. Après tant de clichés, son obturateur saisit chaque mouvement avec la même fraicheur, comme pour la première fois. Quand il « shoote », il vit l’ autre dimension, celle qui l’ entraîne dans ses émotions. Il rit, il bougonne, il s’ inquiète, il se réjouit, et parfois cache une larme en baissant le regard, comme à la fin du concert de Dorantes et Esperanza Fernández. Merci, Loulou, de nous faire découvrir ce que ton œil a saisi : des artistes habités par leur art, le duende, mais aussi des portraits saisissants comme celui d’ El Cabrero chez lui, ou encore celui de Raquel Villegas à Sanlúcar de Barrameda. Ces quelques clichés intimes sont les plus émouvants, quand on sait que l’ exercice de « faire simple mais exact » est toujours un pari à haut risque. En effet, Loulou nous fait passer de l’ état de spectateur à celui d’ invité privilégié, captant un instant de vérité, comme ce cliché des guitaristes répétant dans un couloir, ou cette procession qui parcoure le chemin d’ El Rocío. Toutes ces photographies en noir et blanc ajoutent au flamenco un peu de dramaturgie et transmettent le feu sacré.
Cette exposition, qui fait la part belle à la scène flamenca, nous offre un large éventail de photographies figurant toutes dans son livre à paraître l’automne 2011. Mais nous espérons découvrir prochainement un peu plus de ces fameux portraits naturels. Nous présumons que Loulou nous réserve encore des trésors, et mon petit doigt m’ a dit que …
Muriel Mairet
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Un coffret de quatre livres qui font vibrer les mots et le jazz.

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