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Les critiques

Le Fils prodigue, Revue Texture, mars 2011

Frédérique Martin nous donne avec « Le Fils prodigue » (éditions de l’Atelier In8) une nouvelle subtile et grinçante comme elle sait en écrire.
Maurice a invité à déjeuner pour ses cinquante ans ses parents, son frère et sa belle-sœur. Il leur mitonne un repas de fête en prenant soin de satisfaire les goûts de chacun, mais il n’est pas tout-à-fait aimé comme il le désirerait… Élans du cœur, déceptions, cruauté et hypocrisie faufilent ce petit texte très réussi en se mêlant aux saveurs douces-amères d’un repas qui a un prix… (4 euros).

Michel Baglin

Boulette, k-libre, mars 2011

Max Obione a fait une boulette

Une grosse boulette. Mais c'est tout Max, ça : quand il ne jette pas des pavés dans les mares, il fait de grosses boulettes... Enfin... La boulette en question c'est Boulette, la grosse d'à côté, toute jupe rabattue. Elle pense que Bastien la mate. Bastien, c'est le débile de service. En fait, c'est pas lui qui la mate au petit coin : c'est un homme en cavale. Balai d'hélicos, Sangatte fermé, les exogènes détalent où ils peuvent... Un réfugié sans refuge en somme, errant par la force de nos habitudes. Boulette s'en émeut. Son père, un bonhomme à fauteuil roulettes, médocs et Stella pour contourner ses journées, ne voit pas la chose d'un aussi bon œil. Boulette voudrait qu'il clamse, mais malgré le cocktail médoc-alcool, le vieux regimbe... Du coup, avec le réfugié dans la maison, ça devient gênant. Alors Boulette décide de couper les vivres à son vieux : elle ferme le robinet de sa bonbonne d'oxygène. La dondon, le boudin, le thon, voici qu'elle peut filer ses plus invraisemblables rêves, en empoignades torrides avec son amant kurde. Peggy enfin cochonne, délivrée de toutes les humiliations de la vie, offrant à Max Obione l'occasion d'écrire les pages les plus olympiennes sur les corps potelés à peau blanche et marbrée. Mais l'hélico tourne là-haut, en chasse, obligeant notre kurde à décamper jusqu'à Calais. Boulette projette de l'accompagner à Londres. Justement, un tonton pas regardant qui donne dans le trafic de réfugiés se propose de l'aider. Enfin... Il lui extorque son fric plutôt. C'est qu'on n'est pas dans un conte de fée là, et Max de nous précipiter dans l'horreur des histoires d'aujourd'hui.

Joël Jégouzo


Lettre de Pierre Bergougnioux, mars 2011

A ceux qui apprécient le grand écrivain français et qui hésitent encore à se jeter sur le Musée de la solitude, voici les quelques mots qu'il a adressés à son ami espistolaire Sergi Javaloyes, directeur de la collection "Escapades" :

 

PierreBergougnoux

 

 

Boulette, Jeanne Desaubry, avril 2011

Écoutez donc « Félix Faure » titre du tout nouvel album « Suppléments de mensonges » de Hubert Félix Thiefaine ! Drôle, méchant, joyeux et désespéré.
Max Félix – Obione Faure ?
Étrange étranger ? Animal hybride ?
Non, Max Obione est juste un homme, dont je dirais comme ça qu’il est heureux. Sa gourmandise de la vie le rapproche du personnage iconoclaste de la chanson, et sa jubilation est communicative.
Son actualité récente le place dans le haut du tableau. Qu’on en juge :
« Boulette » chez In 8, format extra poche, trente pages, une seule nouvelle pour un joli opus qui glisse tout seul dans le sac ou la poche. L’histoire d’une gosse de Calais, soufflée de malbouffe, qui tombe passionnément amoureuse d’un kurde affamé et pourchassé, beau comme un dieu, trouvé dans son jardin. La découverte de l’amour par une adolescente complexée et les dégâts collatéraux… Des pages hors normes sur la découverte de l’amour… Un régal… noir, forcément.
Chez Buchet-Chastel, après sa participation en 2009 au recueil collectif « London Calling », c’est un hommage aux « Ramones » dans lequel il donne sa version  de « Too tough to die » : les suites d’une énorme baston ayant laissé Johnny à demi mort à la fin d’un concert. Je le soupçonne d’apprécier plus le blues que le rock, mais si c’est rebelle, alors c’est bon !
Mais le morceau de choix, c’est son « Ironie du Short » . Une magnifique couverture, conquise de haute lutte par l’éditrice… Devinez qui ? Dont il s’est rapidement entichée (la couverture…). Je vous laisse d’ailleurs en juger. Joli, espiègle, primesautier, un cul joyeux qui fait plaisir à voir.
On avait déjà eu un recueil de nouvelles en 2009, « Balistique du désir ». Max Obione récidive ici selon la même formule. Rassembler des textes parus ici et là ces derniers dix-huit mois, et juste pour son lecteur – ah, il l’aime, il le soigne son lecteur-  il y adjoint une bonne moitié d’inédits savoureux. Un détective entré par effraction dans la cervelle de son suspect, luttant avec la vinasse qui imbibe le malfrat. Un danseur de tango exténué qui cire amoureusement ses chaussures professionnelles avant d’en chausser sa femme moribonde. Une tante accablée de chaleur qui dort, son neveu curieux découvrant un étrange numéro tatoué, caché par un éternel pansement.
Max Obione torgnole la langue française pour lui faire cracher ce qu’elle a dans le ventre. Il la tord, la fait plier, glisse d’un mot précieux à une ordure jubilatoire.
Vous savez quoi ? Je crois qu’il aime maltraiter les phrases, dépecer les adjectifs, déformer les verbes, secouer dans un shaker des dialogues fleurant les inoubliables années cinquante.
Et nous, à sa suite, on jubile, on s’amuse, on souffre, on palpite. Il y a un ton, un style, à l’originalité profonde et quand on a lu une fois Obione, on le reconnaît en quelques lignes, même en aveugle. Et puis tout ce temps, entre deux chapitres, deux nouvelles, Max Obione œuvre à faire de Krakoen une petite maison toujours plus reconnue, avec une exigence bonhomme à laquelle il est bien difficile de se soustraire. Un homme heureux, vous dis-je…

Boulette, Biblioblog, avril 2011

Boulette rêve d'une autre vie, loin de son père malade et alcoolique au dernier degré ; loin du portrait de Le Pen - qui a remplacé sur le buffet familial la photo de Lénine - ; loin de Calais et d'un BEP cuisine qui ne la mènera à rien. Boulette est prête à s'accrocher à n'importe quoi. Alors pourquoi pas à ce jeune Irakien en cavale qui lui promet amour et belle vie londonienne.
Ce soir-là, Boulette était sortie dans le jardin quand elle surprend un inconnu. Il a l'air aussi effrayé qu'elle, il a faim, il ne parle que quelques mots d'anglais. Il s'appelle Yussef. Mais cela suffit à la jeune fille qui pense immédiatement avoir rencontré l'homme de sa vie. Un homme qui ne l'humilie pas parce qu'elle a quelques kilos en trop, un homme qui ne lui hurle pas dessus et qui l'enlace avec douceur. Boulette n'a pas l'habitude. Boulette se sent tout à coup exister. Il aura donc suffit de quelques minutes dans l'obscurité du jardin pour changer irrémédiablement le cours de sa vie… pour le meilleur et pour le pire.
L'art de la nouvelle est de réussir en à peine quelques pages à créer tout un univers, des personnages palpables, tout en déroulant un scénario qui maintienne le lecteur en haleine jusqu'au point final. Boulette est de cette trempe. Je reste encore surprise de la richesse de ce si court texte. 27 pages seulement et l'impression tenace d'avoir lu un roman dense et intense.
Il y a d'abord cette jeune fille pour qui on ressent un empathie immédiate : Boulette est un étrange mélange de fragilité et de volonté féroce. À sa façon, elle est elle aussi en transit, prisonnière d'une terre qu'elle ne reconnaît plus. Alors que la plupart des phrases sont courtes, incisives, mordantes, Max Obione s'autorise une envolée au milieu du récit : Boulette s'éveille à la sensualité et à l'amour et Max Obione déploie une unique phrase sur plus d'une page pour évoquer cette parenthèse. Loin de tomber dans la mièvrerie sirupeuse, ce passage, d'une grande beauté, s'accorde au souffle des amants, ralentit, accélère, use des mots crus mais jamais sordides, parle de cette relation charnelle à laquelle Yussef et Boulette ont tant besoin de croire.
Mais Max Obione ne raconte pas simplement un Roméo et Juliette de temps modernes. Au-delà de l'histoire de ce couple improbable, il y a cette réalité sordide. Ces anciens communistes qui militent aujourd'hui sans honte pour un parti d'extrême droite ; cette France, terre d'accueil qui traque ses immigrés clandestins ; les biens pensants délateurs ; les passeurs trop contents d'arrondir leurs fins de mois ; etc. Il y a tout ça dans ces 26 petites pages, et plus encore puisque Max Obione parvient à nous surprendre là où on ne l'attendait pas. Car ce n'est finalement pas la chute qui est la plus douloureuse, mais cette petite phrase, perdue au milieu des autres, qui ne paie pas de mine mais qui se révèle si cruelle.
Un très grand texte, un très beau texte.

Laurence

Le Fils prodigue, Biblioblog, mai 2011

Dimanche en fin de matinée, Maurice s'affaire aux derniers préparatifs. Il fête aujourd'hui ses cinquante ans et bientôt, ses parents, son frère, sa belle-sœur et leur petit rejeton passeront la porte pour fêter avec lui ce jour particulier. Maurice est à la fois impatient et anxieux. Arrivera-t-il pour une fois à éviter les traditionnels conflits ?

Maurice a tout mis en œuvre pour que ce moment soit le plus serein possible : il a étudié le menu idéal, a mis les petits plats dans les grands, et se promet de ne pas lâcher la petite phrase qui pourrait tout gâcher. Mais très vite, l'ambiance vire à l'orage et les jalousies, les rancœurs, les espoirs déçus refont surface. Chacun des protagonistes se tient sur ses gardes et attend de voir d'où l'attaque arrivera. Peut-être faut-il regarder du coté de la jolie belle-sœur qui tourne un peu trop la tête de notre hôte ? A moins que ce ne soit du côté du père, trop prompt à rabaisser les efforts de son dernier né ? Et si c'était la mère, si conciliante habituellement, qui commettait l'irréparable ?

Avec une plume imprégnée d'une ironie mordante, Frédérique Martin s'amuse de toutes les familles, de tous ces petits travers finalement si pathétiquement répandus. Mais en bonne nouvelliste, Frédérique Martin se joue aussi de son lecteur et sème quelques indices qui permettent de deviner le dénouement de ce repas d'anniversaire moins ordinaire que l'on aurait pu le penser.

Une jolie gourmandise à déguster à n'importe quelle heure de la journée.

Laurence

Lavocam, Le sel des mots, mai 2011

27 pages à lire d'une traite, peut être même sans respirer pour être un peu comme un sportif de haut niveau après l'effort... cette petit nouvelle nous plonge dans le quotidien d'un laveur de camion... dès le début de la lecture on s'imagine le lire au moment de l'embauche à une équipe masculine... son quotidien, la lance à la main luttant contre des monstres métalliques brillants, est décrit comme un combat, un exploit sportif. Ce travail se fait à deux, son collègue se prénomme Ben. Lui n'aime pas les livres et a eu un parcours scolaire chaotique,  Ben est plus littéraire.
Dans l'entreprise il y a aussi la comptable, Coralie, jolie fille à ses yeux, qui lit à voix haute le soir à la radio. Notre sportif l'écoute le soir bien fatigué après sa journée de travail. Il en est amoureux en cachette. Au-dessus de chez lui une autre fille qu'il trouve hautaine...Sa vie à Lavocam est un combat sportif quotidien...

Après cette lecture on se sent bien, un peu comme après une bonne marche!

La Digue, Ecla, octobre 2011

Collection Escapades, dirigée par Sèrgi Javaloyès
Huit nouvelles traduites par Patrick Honnoré
Préface de Patrick Honnoré

Chaque scène est posée, simple, quotidienne. Soudain, la nuit tombe, le vent se lève, les feuillages bruissent et un être inconnu, évanescent, apparaît. Une poursuite s’engage. Un accessoire rouge s’impose, des lieux déserts, des renards, des chiens, des bruits de tambour… Le narrateur semble affolé, mais rien ne conduit le lecteur à la panique. Au contraire, tout baigne dans le surnaturel. Des êtres désincarnés, flottants, surgissent puis repartent, une fois leurs actes accomplis, comme un rêve dont on s’éveille brusquement.
Issues des deux premiers recueils de Uchida Hyakken, (1922 et 1934), les huit nouvelles traduites ici devraient s’inscrire dans la littérature moderne japonaise qui combinait alors, sur un ton confessionnel, les influences des anciens écrits zen et les réalités du pays qui venait de s’ouvrir au monde.
Pourtant, on pense surtout aux obakebanashi , les contes de fantômes, une forme littéraire à part entière très visitée par les auteurs de manga et par Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke ).
Avec un charme subtil, Hyakken marie déjà toutes ces littératures ; Sôseki, son aîné et auteur préféré, n’y est certainement pas étranger. Tout est là : la forme brève du haïku, le détachement, l’isolement, le héros qui échoue malgré ses efforts, l’adaptation – comme le fera Mishima en 1956 – de l’art du théâtre dans sa version mugen nô , celle qui fait appel à des créatures imaginaires, fantômes ou démons (les yokaï ) et, bien sûr, l’extrême stylisation.
Paul Claudel, ambassadeur au Japon en 1922 justement, disait que « Le c’est quelqu’un qui arrive ». Avec une œuvre singulièrement en avance et des décennies de retard, Hyakken vient enfin d’arriver jusqu’à nous et, comme on entre sur scène.
Nathalie André

ecla.aquitaine.fr/

Balada Flamenca, Sud-Ouest, octobre 2011

Cette œuvre d'art - car cet album en est une -, Loulou Duzert l'a longtemps portée en lui ; « Le flamenco, dit-il, est toujours resté mon jardin secret ». Sa rencontre avec In8, la maison d'édition de Serres-Morlaàs adossée à un atelier graphique, a décidé de son éclosion, alors qu'était acquise la participation à cet ouvrage du Conseil général des Landes.
« J'attendais de l'éditeur qu'il me fasse une vraie proposition créative », dit-il, reconnaissant qu'In8 et sa directrice de l'édition, Josée Guellil, ont plus que largement inspiré la forme.
« C'était un peu du funambulisme, dit cette dernière. Ce ne pouvait pas être "que" la ballade de cœur de Jean-Louis. »
Idem pour le texte, signé de Ludovic Pautier, instit bordelais, encyclopédie vivante du flamenco. Sa plume a parfois été sommée d'être un peu moins érudite… Et un peu plus didactique.
Longtemps Jean-Louis Duzert fut rétif aux rauques sanglots andalous. Pour « Sud Ouest », il couvrit d'abord le festival Arte flamenco de Mont-de-Marsan comme en service commandé. « Au début, je ne supportais pas ces types qui pleuraient leur mère - Aïe ! Aïe ! Aïe ! - et claquaient des talons. »
Mais vint le coup de foudre, au début des années quatre-vingt-dix : « C'est comme la tauromachie, tu entres là-dedans ou tu n'y entres pas. »
État de grâce

« Ce livre, poursuit l'ancien imagier de notre journal, retrace mon itinéraire à travers vingt ans de flamenco. Là-dessus se greffe le travail de Ludovic, qui en tire le fil conducteur, à travers des portraits, des focus. » Or donc, Jean-Louis Duzert, de Saint-Vincent-de-Tyrosse… découvrit le « duende », c'est-à-dire la grâce et l'état extatique de qui en émane. Dès lors, de Nîmes à Séville, il n'eut de cesse de saisir les instants magiques du flamenco, au travers de ses interprètes les plus fameux. Dans des torsions de mains ; des ondulations de croupes ; des masques de visages torturés comme des Goya. « Aucune photo n'est "posée" », se flatte Duzert. Les « amants de la plainte », c'est la jolie métaphore par laquelle Ludovic Pautier désigne ses semblables, aficionados. Précisément, Jean-Louis Duzert vit s'ouvrir la porte de la confrérie le jour où il fit, à Mont-de-Marsan, la divine photo des mains de Camarón de la Isla, devenue, prétend-il, son « passeport chez les Gitans ». Le cliché lui a été acheté par le Centre d'art contemporain de Séville. « Balada flamenca » comporte 350 photos en noir et blanc. L'album bénéficiera d'une diffusion nationale et même internationale, le texte étant trilingue (français-espagnol-anglais).

Jean-Louis Duzert signera son ouvrage le 5 novembre (11 heures) à la librairie Tonnet de Pau. Indépendamment, son exposition sur le flamenco vit sa vie. Elle est actuellement à la mairie de Lons.

www.sudouest.fr

Balada Flamenca, Flamenco Web, octobre 2011

Balada flamenca, 20 ans de flamenco dans l’ œil du photographe
Le photographe Jean-Louis Duzert publie son premier livre de photographies dans lequel il retrace les moments uniques de sa carrière flamenca. "Balada flamenca"est publié aux Editions de l’ Atelier In8.
Balada flamenca est un livre magnifique qui vient couronner la longue carrière du photographe Jean-Louis Duzert, appelé affectueusement Loulou par les professionnels.
L’ édition, trilingue, foisonne d’ anecdotes, tant à travers le texte qu’ à travers les photos. Les connaisseurs s’ évaderont à travers les émotions subtiles de moments privilégiés qui suscitent l’ envie ou les souvenirs partagés, tandis que les novices seront portés par les passions que suscitent la force des photos. Il y en a des centaines dans ce livre, et pourtant « ça n’a pas été facile d’ en choisir si peu », confiait Loulou : « J’ en ai tellement ! ». Dans le prologue, le photographe nous rappelle qu’ il a « découvert le flamenco à travers le premier festival d’ Arte Flamenco, organisé par le Conseil Général des Landes à Mont-de-Marsan en 1989 ». Spécialiste de la photographie de presse, mais aussi portraitiste, il précise qu’ il a « aussitôt ciblé l’ expression, la gestuelle et le mouvement », travaillant « sur le flamenco comme sur le rugby ou sur la tauromachie ». Depuis cette première découverte, Jean-Louis Duzert est devenu l’ un des photographes français incontournables des rendez-vous flamencos, ce qui lui permet aujourd’hui de posséder une collection de photos exceptionnelles, véritable mémoire flamenca de ces dernières décennies. Depuis la scène bien évidemment, en passant par les coulisses, mais aussi dans les juergas, publiques ou familiales, les ferias, le Rocío, les cours de danse ou la rue, on a l’ impression que le photographe possède un sixième sens qui lui permet d’être toujours présent là où il faut. Ses photos restituent l’ ensemble du panorama flamenco d’ aujourd’hui, sans distinction de genre, et l’ on retrouve avec émotion aussi bien les derniers artistes qui nous ont quittés que les plus jeunes qui prennent la relève, les compagnies, les différents professionnels du « mundillo » ou les anonymes. Les textes de Ludovic Pautier s’ enchaînent avec aisance et professionnalisme, depuis les souvenirs personnels partagés avec certains artistes - qu’ il nomme parfois familièrement comme un clin d’oeil, Juana ou Daniel - en passant par les cantaores, pour finir par un chapitre intitulé « Ser flamenco », dans un style très personnel, parfois lyrique sans pour autant être vide de sens, souvent émouvant, et témoignant toujours de l’ observation juste du connaisseur. Une écriture sincère et engagée, hautement appréciable, n’ hésitant plus à se positionner entre l’ amour pour le flamenco et la réalité des choses… Une évidence qui lui fait écrire joliment, avant de conclure : « Que dire quand on est flamenco, devant ce qui vrille le cœur tout à coup ? Rien. Ou juste ceci : Olé ! El que sabe, sabe. » Et même si les dernières phrases de ce beau livre précisent humblement « Nous n’ en sommes pas là », il est certain que tant Duzert que Pautier sont de vrais aficionados qui nous proposent, ici, un livre passionnant. Balada flamenca, bien servi par une très jolie édition, plongera, à coup sûr, les connaisseurs comme les amateurs dans une réelle émotion : un très joli cadeau pour tous.

Manuela Papino

www.flamencoweb.fr

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Collection porte à côté
Osez Bashung!

Un collectif dédié au chanteur Alain Bashung, celui qui a inspiré le titre du dernier roman de Delphine de Vigan.

Et si l'homme de la rentrée littéraire n'était autre qu'Alain Bashung? Non content d'inspirer son titre au dernier roman de Delphine de Vigan (Rien ne ...

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