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Les critiques

Château d'eau, Le café littéraire de Nadja, juin 2011

Saint Lazare, Les Gobelins, Saint Germain, Les Halles, Bir-Hakeim, République et Château d'eau... Une histoire à une station et une station a une histoire. Intro Muros est constitué de sept nouvelles de Marc Villard et de Cyrille Derouineau parues aux éditions de l'Atelier in8 il y a déja un moment. Ces histoires nous livrent différentes anecdotes, des tranches de vie. Il y en a pour tous les registres. Les auteurs jonglent avec le comique, le dramatique, le pathétique dans une atmosphère plus ou moins noire. Les personnages se rencontrent d'une nouvelle à l'autre en un réseau endiablé, à l'image de notre cher métropolitain. Il n'y a pas d'ordre préétabli, c'est aussi ce qui fait le charme de ce coffret de nouvelles. Vous prendrez n'importe quelle station, c'est selon votre humeur. Elle recoupera de toute façon une autre. Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome ?
Partez à la rencontre de Fanny et Farid penchés au dessus des vitrines de la station Saint Germain, puis prenez la ligne 4 et arrêtez-vous aux Halles pour rendre visite à Babar qui crèche sous les escalators, prenez le temps de lire son histoire. Reprenez le métro et remontez la ligne jusqu'à Château d'eau pour plonger dans l'univers glauque de Maxime. Faites une petite pause dans un café et buvez à la santé d'André Breton ! Reprenez votre périple direction République et jouez les voyeurs en vous immiscant dans la rencontre de Diego et Rosemarie. Maryline poireaute à Saint Lazare, elle a rendez-vous. Peut-être pourriez-vous la rejoindre à cette station pour lui tenir compagnie ? Et après avoir joué les bons samaritains, filez à Bir Hakeim pour faire la connaissance de Robert, dépressif, interné, amoureux de la belle Lucille qui décide de se faire la malle. Puis prenez le métro aux Gobelins pour faire le voyage avec Sylvain et Sophie jusqu'à Stalingrad.

En espérant qu'il n'y ait pas de grèves, nous attendons la suite d'Intra Muros avec impatience pour que Marc Villard et Cyrille Derouineau nous racontent les histoires des autres stations. Nous vous remercions de votre compréhension.

L'âme errante, Le café littéraire de Nadja

Coffret Jazz quartet, Libération, avril 2008

Un coffret de quatre livres qui font vibrer les mots et le jazz.

Coffret Jazz quartet, Jazzman, juin 2008

Quatre voix s’élèvent, aux timbres bien marqués, quatre voix non pas à l’unisson mais sur des rythmes contrastés, quatre façons de swinguer ou de chalouper. Et plus précisément sur Django de Marc Villard : Elégance, efficacité, sobriété. Et toute la fantaisie de son Django…

Coffret Jazz quartet, Jazz magazine, juillet 2008

Quatre belles, courtes et subtiles improvisations littéraires « round about jazz » par des auteurs/solistes aux talents variés et surprenants. Jazz quartet est une remarquable production de l’Atelier In8, spécialisé dans l’édition de nouvelles présentées avec soin. Les amateurs de « jazz sur livres » (concept cher à Philippe Fréchet) vont se régaler.

Aller simple, France Inter, juin 2006

"Ganiayre est un Périgourdin de cœur (...). On dit qu’il est l’un des grands auteurs à porter encore aujourd’hui la littérature occitane. Son livre, intitulé Aller simple : des hommes à la dérive, des compagnons solidaires, lâchés par un des leurs, parti pour le dernier voyage. Il s’appelait Jules, et il est mort de boisson. Je ne vous raconterai ni pourquoi ni comment le rêve de revenir sur la terre de Dordogne qui l’a vu naître pourra s’effectuer, mais c’est un très beau voyage."
Patricia Martin sur France Inter

Arrêtez d'arrêter, Nouvel Observateur, avril 2009

Au risque d'être accusé de «publicité, directe ou indirecte» pour un produit toxique qui, en plus d'incommoder votre voisinage, «tue», «nuit gravement à votre santé» et «contient du benzène, des nitrosamines, du formaldéhyde et du cyanure d'hydrogène», il est grand temps de recommander la lecture d'un petit coffret contenant «quatre histoires de clope», intitulé "Des plumes et du goudron" (éd. Atelier in 8). Y figure notamment une nouvelle de Francis Mizio qui, comme le savent ceux qui ont suivi son blog Vis comica, est à la fois un des plus drôles et des plus anxiogènes de nos écrivains contemporains. Dans "Arrêtez d'arrêter" (4 euros, moins cher qu'un paquet de Chesterfield), après «les réunions de vie civile» et «l'assemblée de la cellule écologique», un personnage suit dans la plus grande clandestinité un «stage d'aide à la réappropriation tabagique». Grâce au ciel, et aux hommes, les caméras de surveillance surveillent. C'est, enfin débarrassé du Fléau, le meilleur des mondes comme si vous y étiez.

Arrêtez d'arrêter, deslivresdelivrent.over-blog.com, novembre 2010

Grainedananar vous avait déjà fait part de sa rencontre avec Muriel d'Esprit Nomade, dont elle avait découvert la délicieuse existence à la fin du mois d'aôut. Maintenant, Grainedananar va chaque mardi au marché se procurer quelques poireaux et pommes de terre, mais revient surtout avec quelques nourritures célestes dans le panier. Car c'est pas au stand d'Esprit Nomade qu'on trouvera des navets ! Mardi dernier, c'est avec ce petit livre de 27 pages qu'elle est rentrée à la maison. Encore un texte frappeur, de la trempe des grandes petites nouvelles comme celles publiées récemment sur le blog, Matin Brun de F.PAVLOFF, largement connue et celle plus énigmatique, en tout cas confidentielle, de Brice CHELANT, Antisocial 2015. Des nouvelles d'anticipation ? Des nouvelles hyper réalistes, juste un peu en avance sur l'enfumage politique, économique et social régnant, qui tirent jusqu'au bout  les taffes qui déjà nous intoxiquent, certains même sans avoir jamais fumé une tige. Je ne vous en dirai pas plus que le 4ème de couverture. Le lire en entier vous en coûtera 4 euros aux Editions de l'Atelier In8, coll. La porte à côté.

La Porte à côté n°58, Blog Paul Maugendre, février 2011

Ce n’est pas parce qu’il ingurgite à forte dose pilules, comprimés et autres gélules, le tout avalé à l’aide d’innombrables bouteilles de bière, qu’il a perdu son esprit vindicatif et raciste. Au contraire. Essoufflé, les tuyaux de sa bonbonne d’oxygène greffés sur la lèvre supérieure en guise de moustaches, il arrive quand même à agoniser sa fille d’injures. Et il se joint au concert de récriminations de ses voisins lorsque ceux-ci vitupèrent contre les étrangers sans papiers et la lâcheté du gouvernement qui n’arrive pas à canaliser tous ces migrants en transit. Sa fille, qu’il appelle la grosse, avec maman c’était moins pire, juste Boulette. C’était avant qu’elle décède et que les frangins ne viennent plus à la maison, parce que le père a remplacé la photo de Lénine par celle de Le Pen.
Ce soir là pourtant, le père est allé trop loin. Boulette, alors qu’elle allait procéder à une miction dans le jardin, entend du bruit. Elle est inquiète, pensant à un chenapan venu l’épier, l’espionner. Il n’en est rien. Juste un étranger, un Kurde, qui s’exprime comme il peut en anglais. Il a faim et Boulette tombe sous le charme de ce jeune homme qu’elle trouve beau. Un hélicoptère survole le quartier et les voisins sont agglutinés devant la porte d’entrée du père. Ils sont en train de fulminer contre ces étrangers qui n’hésitent pas à s’introduire chez eux, violer leurs femmes et leurs filles et je ne sais quoi d’autre.
Boulette est exaspérée et dans ces conditions là, on ne se contrôle plus. On fait des actes irréparables mais oh combien apaisants. Et avant d’inviter son nouvel ami chez elle, elle procède à un serrement de vis. M’enfin, les enfants aussi ont le droit de serrer la vis à leurs pères, surtout lorsqu’ils se montrent ignobles !

Max Obione s’inspire, non pas vraiment d’un fait-divers mais extrapole avec la noirceur qui caractérise ses romans sur le problème des réfugiés qui s’agglutinent autour d’un Sangatte aujourd’hui interdit. En quelques pages il nous raconte comment une vie peut basculer à cause de plusieurs éléments : le racisme de certains adultes face à des événements qui les dépassent, la pitié, l’émoi d’une jeune fille en butte à la cruauté parentale et qui découvre l’amour envers un jeune étranger, amour exacerbé par les virulences d’un père alcoolique, et d’autres facettes pas trop propres de ce racisme latent qui imprègne toutes les couches de la population, l’appât du gain aussi. En un peu plus de vingt pages Max Obione décrit en phrases courtes, en rafales staccato de mitraillette, cette histoire somme toute misérable, sauf en certains paragraphes dans lesquels les phrases s’allongent comme les langueurs océanes et les joutes amoureuses débutantes. Max Obione joue dans la sobriété, tout est dit avec force et il n’y a pas de passages superflus.

Boulette, rayonpolar.com, février 2011

Dans la région de Calais, Boulette est une adolescente qui vit chez son père, un homme irascible souffrant des conséquences de l’amiante. C’est une grosse fille à la peau rose, les cheveux blonds filasses, le nez retroussé, les yeux bleus, le corps obèse, boudinée dans ses vêtements. Elle suit des cours de BEP-Cuisine. Ses frères ne fréquentent plus la maison, où le père de Boulette la traite sans arrêt de grosse.
Ce soir-là, alors que la traque des clandestins se poursuit dans le secteur, un Kurde d’Irak se cache dans leur jardinet. À l’insu de son père, l’adolescente entreprend de protéger ce beau mec nommé Yussef. Tous deux baragouinent quelques mots d’anglais pour communiquer. Elle lui donne à manger, il en a besoin. Rapidement, un projet trotte dans la tête de Boulette. Elle imagine une nouvelle vie avec Yussef, s’ils réussissent à passer en face, de l’autre côté de la Manche. Peu lui importe que le Kurde soit vraiment amoureux d’elle. Et ce ne sont pas les écueils familiaux qui vont la freiner. D’autant que son oncle Robert peut apporter une solution. Pas gratuite, bien sûr, mais cette débrouillarde sait où se procurer assez d’argent…
Très réussi, ce “conte cruel” qui s’inspire d’une réalité toujours actuelle, celle de ces clandestins de passage en France, sans régularisation possible. Sans oublier un contexte criminel, bien entendu.
La collection “La porte à côté” des Éditions Atelier In-8 publie des nouvelles à l’unité, format fascicule. Au catalogue de cet éditeur, on trouve dans diverses collections des romans de Franz Bartelt, Gilles Del Pappas, Hervé Le Corre, Lalie Walker, Mouloud Akkouche. Ainsi que des nouvelles de Emmanuelle Urien, Marc Villard, Jan Thirion, Jean-Bernard Pouy, Hubert Monteilhet, Francis Mizio…
Claude Le Nocher

Boulette, moisson-noire.over-blog.com, février 2011

Des nouvelles à l'unité. Sur tout ou rien, sur le quotidien et l'extraordinaire. Autrement dit La porte à côté, l'une des collections des éditions de l'Atelier In8, que je vous invite vivement à découvrir si ce n'est pas déjà fait.
Le quotidien, justement, il a pas l'air rose pour "Boulette", dans cette baraque des environs de Calais, entre un BEP cuisine et le père qu'arrête pas de l'appeler la grosse, qui traîne derrière lui sa bonbonne d'oxygène comme sa haine des étrangers. D'ailleurs, sur le buffet de la cuisine, le portrait de Le Pen a remplacé celui de Lénine.
Le Pen justement, ça me rappelle une de ses saillies nauséabondes, en substance : "Il est normal de préférer son frère à son cousin, son cousin à son voisin et son voisin à un étranger." Sûrement que Boulette l'enverrait se faire pendre en entendant ça.
Un étranger, justement, elle en trouve un dans l'abri de jardin - You... arab ? No, Kurd ! Kurd ? Yes, Kurd of Iraq -, et décide immédiatement de le cacher, de le nourrir, de l'aimer. Et même de s'enfuir avec lui de l'autre côté de la Manche.

Elle est touchante, Boulette, dans ses élans, dans sa naïveté, et pour un peu on lui souhaiterait bonne chance, mais on sent bien que ça va mal tourner cette histoire, au final...
La nouvelle, c'est un art de l'esquisse, et Max Obione l'a bien compris, qui en peu de mots, quelques détails, quelques images, crée tout un univers, dont on devine les contours, dont on saisit l'essentiel.
Boulette
, c'est une mignonnette à lire cul-sec, une vingtaine de pages douces-amères. Le temps d'un court trajet, par exemple. Attention quand même à ne pas rater l'arrêt.

Yann Le Tumelin
coffret-jazz-quartet
Collection porte à côté
Un coffret de quatre livres qui font vibrer les mots et le jazz.

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