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Gilles Vincent en grec

Ce pays qu'on assassine, le polar dans lequel Gilles Vincent tente de comprendre les ressorts du vote extrême-droite en France, est édité en Grèce chez Angelus novus.

L'herbe est-elle plus verte chez le voisin ? Dans tous les pays européens – et plus loin, aussi – les partis extrêmes font salle comble. Comprendre quelles sont les raisons de la colère là-bas, à l'étranger, permet parfois d'en discerner les premiers symptômes, ici, à domicile, surtout lorsqu'ils se développent à bas-bruit, et Angelus novus a sans doute adopté cette démarche. Ce d'autant que le roman de Gilles Vincent n'est pas un polar d'évasion – ou si c'était son but, navrée Gilles, mais c'est totalement raté. Ce n'est pas la résolution de l'enquête qui nous tient, ni le suspense d'un whodunit, C'est son analyse sociale et politique, d'abord : la texture, l’ambiguïté de ses personnages, complexes, attachants, si compréhensibles, en dépit de leurs erreurs, des mauvais choix qu'ils opèrent. C'est aussi, le regard « double », que reproduit la construction double : car le scenario a deux jambes, l'une dans le nord, l'autre dans le sud-est, et les mécanismes d'adhésion aux extrémismes, là haut, et en bas, ne sont absolument pas identiques. Alors, que ce livre soit lu au pays où l'on a inventé le demos, et la démocratie, voilà qui flatte l'ego de l'éditeur plus sûrement qu'un bandeau rouge et blanc...

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