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Disparition de Jacques Abeille

En janvier dernier, Jacques Abeille est parti. Un grand écrivain, porté par une imagination sans mesure et une langue inimitable.

Nous le connaissions depuis longtemps. La rencontre remonte à 2006. A l'époque, après avoir assidûment fréquenté les cercles surréalistes dans les années 1970, puis connu quelques déconvenues affectant la publication de son roman Les Jardins statuaires, Jacques était tombé dans « l'oubli » du milieu littéraire. Il ne cherchait ni la lumière, ni les honneurs, et poursuivait son travail d'écriture, sans faille, dans sa maison du libournais.

C'est parce que nous projetions d'éditer des nouvelles érotiques que nous l'avions cherché. Ses textes se distribuaient de fait entre d'amples romans – le cycle des contrées – à dimension fantastique, et des nouvelles érotiques, publiées sous le pseudonyme de Léo Barthe, à la Musardine. Pour nous, l'écrivain était là, et il était un. Très heureux qu'un éditeur s'intéresse à la nouvelle, et à son œuvre, Jacques nous avait offert une confiance sans réserve, et nous avions publié un, puis deux, puis trois textes érotiques, sous son nom, Jacques Abeille. Lorsque la Région Aquitaine avait mené une campagne pour mettre en avant ses auteurs, nous avions suggéré son nom, et il avait été ému, surpris, touché, qu'on songe à lui.

Au fil du temps et de ces premiers livres, l'échange s'est étoffé. In8 a publié deux recueils, « Fins de carrière », un titre à sens multiples et non dénué d'humour, qui rassemble des nouvelles fantastiques, puis « Celles qui viennent avec la nuit », un recueil de nouvelles érotiques dans lesquelles la puissance est aux femmes, presque une rectification bienvenue pour donner de la présence à des héroïnes dont l'absence avait frappé l'auteur des Jardins statuaires, et à qui il devait tant.

Nous sommes fiers des quelques livres qui nous ont offert par ailleurs un compagnonnage passionnant, avec Jacques et Pauline. Jacques Abeille était un écrivain. Il se fichait éperdument des modes, de la gloire, et poursuivait silencieux son travail, à l'écritoire. Il nous laisse des textes magnifiques – lisons-les.

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